Les informations principales sur le drame à Crans-Montana:
- L’incendie a éclaté dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier au bar «Le Constellation» à Crans-Montana.
- Le bilan s’élève à 41 morts et plus de 115 blessés, dont plusieurs grièvement brûlés.
- Tous les blessés suisses soignés à l'étranger ont été rapatriés.
- Les enquêteurs privilégient la piste de feux de Bengale ou bougies utilisés sur des bouteilles de champagne, qui auraient enflammé le plafond.
- Plusieurs procédures judiciaires sont en cours et des questions persistent autour des normes de sécurité et des sorties de secours du bar.
L'exécutif de Crans-Montana a pu rencontrer des familles de victimes
L'assemblée primaire de Crans-Montana, mardi soir à Chermignon-d'en-Bas, a eu un prolongement non programmé. Au terme de la soirée, le conseil communal a pu s'entretenir avec quatre membres de familles de victimes.
«Ce fut vraiment bouleversant et inattendu. Ce fut le moment le plus fort de cette journée», a souligné, très tard mardi soir, Nicolas Féraud. «Je remercie ces mamans, ces familles qui ont pris le temps de venir discuter avec nous durant près d'une heure. Le contenu de cette discussion restera entre nous. Nous avons désormais ouvert une brèche, créé un lien, qui n'avait pas été possible jusque-là», a-t-il précisé à Keystone-ATS.
«Excuse, c'était le mot que nous avions oublié»
Ces quatre femmes, deux mamans et deux adolescentes avaient suivi les débats, à l'extérieur de la salle. A leur arrivée, elles avaient choisi de coller des affiches A4 de visages de victimes, juste avant le début de l'assemblée, afin de personnifier le drame. «Par notre présence, nous avons voulu représenter toutes les familles qui n'ont pas pu se déplacer notamment italiennes et françaises», avaient-elles précisé à Keystone-ATS.
Dès le début de l'assemblée, le président de la commune s'est excusé, au nom des autorités locales. «C'était une volonté du conseil communal» a-t-il rappelé après l'assemblée primaire. «Excuse, c'était le mot que nous avions oublié (ndlr: lors de la conférence de presse du 6 janvier) ou mal dit. Nous voulions (ndlr: cette fois-ci) parler clairement. Aujourd'hui, nous regrettons et nous agissons.»
Deux citoyens du Haut-Plateau ont demandé la démission de Nicolas Féraud, mardi soir, à l'heure des questions liées au drame du bar «Le Constellation». Pas de quoi ébranler davantage l'homme politique, qui n'a pas changé sa vision des choses. «Ces questions font partie de mon quotidien depuis le 1er janvier. Je me sens encore utile pour améliorer les choses et rendre cette commune plus humaine. Pour l'instant, démissionner n'est pas une question à l'ordre du jour.»
Source: ATS
L'audition des époux Moretti par les procureurs est terminée
L'audition lors de laquelle le ministère public valaisan a confronté les époux Moretti s'est terminée vendredi peu avant 19h00. Les deux propriétaires du bar Le Constellation étaient arrivés vers 08h00 au campus Energypolis à Sion.
Les avocats ont pu posé quelques rares questions. Sébastien Fanti a qualifié les échanges de «fructueux», mais cet avis n'était pas partagé par l'ensemble de ses confrères. «On a l’impression que le Ministère public tisse sa toile, a déclaré l’avocat Pierre-François Vuillemin. Mais on n'a jamais tissé une toile d’araignée très vite.»
C'est la première fois que les co-propriétaires du bar étaient entendus conjointement par le pool de procureures en charge de l'affaire.
Source: ATS
Jessica Moretti inculpée de faux dans les titres
Jacques et Jessica Moretti se sont retrouvés face à face ce vendredi matin dans un moment clé de l’enquête sur l’incendie du Constellation. Selon la RTS, cette première confrontation entre les époux a marqué un tournant inattendu dans l’affaire. Arrivés sous escorte policière à 8h, les deux protagonistes et leurs avocats sont restés silencieux, évitant toute déclaration devant les médias.
Mais en fin de matinée, les procureures ont bouleversé le cours des événements. Jessica Moretti, déjà impliquée dans le drame qui a coûté la vie à 41 personnes le 1er janvier, fait désormais face à une nouvelle charge: faux dans les titres. D’après des sources confirmées, cette accusation découle d’une fausse facture liée à la mousse inflammable au cœur de la tragédie.
Un ancien élu de Crans-Montana a été auditionnné
L'ancien municipal de la commune de Chermignon (2013-2016) était auditionné mercredi par le pool de procureures en charge de l'affaire du drame de Crans-Montana. L'élu était en fonction lors d'imposants travaux réalisés, en 2015, au bar «Le Constellation».
Lors de la reprise du bar, en gérance, par les époux Moretti, d'importants travaux avaient été réalisés. Une demande de permis de construire avait été délivrée par les autorités de Chermignon pour la construction d'une véranda. Aucune démarche administrative n'avait été réalisée pour des travaux au sous-sol.
Mercredi, l'ancien municipal de Chermignon a donné sa version des faits aux procureures. Il a toutefois refusé de répondre aux questions des avocats des parties civiles, sur conseil de son défenseur, confirme une source proche du dossier. Le 13 mai, l'alors président de cette même commune de Chermignon, Jean-Claude Savoy, avait quant à lui refusé de répondre aux questions du pool de procureures, n'ayant pas eu accès préalablement au dossier.
Les époux Moretti arrivent vendredi
Pour leur part, Jessica et Jacques Moretti seront entendus vendredi, en mode confrontation, au campus Energypolis à Sion. Comme expliqué par le Ministère public (MP) à Keystone-ATS, ce type d’audition peut se dérouler sous trois formes: on pose une même question à chaque accusé et chacun y répond; on interroge un premier prévenu sur l’ensemble d’une thématique puis le second accusé répond; on peut aussi privilégier des réponses davantage en mode ping-pong, selon les explications données par les personnes inculpées.
Les époux français ont déjà été entendus à deux reprises depuis l'ouverture de l'enquête pénale les visant. Jacques Moretti, qui devait être entendu une nouvelle fois en avril – il avait finalement été exempté pour raisons médicales –, avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 janvier après le paiement d'une caution de 200'000 francs. Il a ensuite été mis au bénéfice de «mesures de contrainte», comme son épouse.
Source: ATS
Un ex-procureur de la Confédération dézingue l'enquête sur l'incendie
L'ex-procureur général de la Confédération Michael Lauber critique la conduite de la procédure pénale liée au drame de Crans-Montana. Il déplore notamment l'absence d'autopsies sur les victimes et que la détention préventive des gérants du bar n'ait pas été demandée.
La justice valaisanne aurait dû placer en détention les gérants du bar, Jessica et Jacques Moretti, dès le début de l'enquête afin de préserver les preuves, a déclaré Michel Lauber mardi lors de l'émission «Tagesgespräch» sur la radio alémanique SRF 1.
Sur les 41 victimes de l'incendie, seules deux ont fait l'objet d'une autopsie. Michael. Lauber critique également ce point: «L'incendie est la cause évidente, mais on ne sait pas vraiment de quoi chaque personne est morte. On ne peut le savoir qu'à travers une autopsie.»
Et celle-ci ne peut être pratiquée qu’au début de la procédure, le plus rapidement possible, sinon les traces disparaissent. S’il avait été en charge de la procédure, toutes les victimes auraient été autopsiées sans réserve, a déclaré Michael Lauber.
Source: AFP
Vers un soutien fédéral à la table ronde
La Confédération doit pouvoir participer financièrement à la table ronde destinée à gérer les conséquences de l'incendie de Crans-Montana. Le Conseil des Etats a accepté mardi, par 36 voix contre 7, les 20 millions de francs demandés par le Conseil fédéral.
Le but de la table ronde, présidée par l'ancien conseiller d'Etat neuchâtelois Laurent Kurth, est de concilier les victimes de l'incendie de Crans-Montana, leurs proches, les assureurs concernés, les personnes éventuellement tenues de verser des prestations ainsi que les autorités. Il s'agit d'encourager les accords à l'amiable.
En mars, le Parlement avait temporisé sur ces 20 millions, pour avoir plus de temps pour discuter. Désormais, la Chambre des cantons a donné son feu vert. Celle du peuple doit encore se prononcer.
Les sénateurs ont accepté l'auto-organisation de la table ronde, ce qui signifie que sa composition ne doit pas être prescrite légalement. Ils ont aussi cité dans la loi, à titre d'exemples, des conditions auxquelles le gouvernement décide de sa participation aux accords.
Source: ATS
Une première dans le dossier: les Moretti seront auditionnés en mode confrontation
Jacques Moretti ne sera pas le seul des 14 prévenus du drame de Crans-Montana à se présenter devant le pool de procureures en charge de l'affaire, le vendredi 5 juin prochain, au campus Energypolis à Sion. Son épouse, Jessica, a également été convoquée pour une audition en mode confrontation.
Les avocats des différentes parties pourront tous interroger le couple français. Pour la première fois depuis le début de l'affaire, deux prévenus seront interrogés selon le monde dit de la confrontation, a confirmé, mardi à Keystone-ATS, la procureure générale du canton du Valais, Beatrice Pilloud, revenant sur une information du «Tages-Anzeiger».
Selon le parquet, ce type d'audition peut se dérouler sous trois formes: on pose une même question à chaque accusé et chacun y répond; on interroge un premier prévenu sur l'ensemble d'une thématique puis le second accusé répond; on peut aussi privilégier des réponses davantage en mode ping-pong, selon les explications données par les personnes inculpées.
Autre audition importante avant
Deux jours avant cette audition, l'ancien conseiller communal de Chermignon chargé des constructions (en poste entre 2013 et 2016) répondra, lui aussi, aux questions du MP. Quant au 14e prévenu – un employé actuel de la commune de Crans-Montana dans le domaine des constructions –, sa première audition devant le MP n'a pas encore été fixée.
Source: AFP
Un mois après un concert pour les victimes, les dons sont introuvables
Sous le titre «Aux cœurs de Crans», près d'une vingtaine de musiciens suisses et français de renom se sont produits sans cachet le 22 avril à la salle Métropole, à Lausanne, par solidarité avec les personnes touchées par le dramatique incendie du Nouvel-an à Crans-Montana. L'objectif de la soirée: récolter un maximum de fonds pour les victimes et leurs proches. Le concert était co-organisé par l'agence d'événementiel Only On Live, dirigée par Corine et Olivier Uzan, ainsi que par l'association d'aide aux victimes Swisshearts, fondée par des proches en deuil.
Seulement voilà, comme le révèle aujourd'hui le «Tages-Anzeiger», les dons sont aujourd'hui introuvables. La vente des billets aurait permis de récolter plus de 150'000francs, mais les victimes n'en auraient jusqu'à présent pas vu le moindre centime, rapporte le quotidien zurichois.
Face à ces accusations, l'association Swisshearts a répliqué dans la soirée de lundi par un communiqué, afin de clarifier la situation. Selon elle, 15'000 francs auraient d'ores et déjà été versés. «Cela correspond au bénéfice net de l'événement, qui a réuni 800 participants – ce qui comprend les invités et les spectateurs qui ont payé leur ticket», se défend-elle.
L'organisation précise par ailleurs ne tenir aucune liste officielle de l'ensemble des victimes. Swisshearts «encourage donc toutes les personnes touchées qui ne se sont pas encore inscrites sur sa plateforme à le faire». Et l'association de conclure avec fermeté: «Jusqu'à ce jour, plusieurs dizaines de familles de victimes identifiées se sont enregistrées et ont déjà pu bénéficier du soutien humain, social et financier de Swisshearts.
Un avocat réclame 8,2 millions d'euros pour une victime
L'avocat valaisan Sébastien Fanti a réclamé une indemnisation de 8,2 millions d'euros pour une Française gravement blessée lors de l'incendie du Constallation, à Crans-Montana (VS). Il a déposé sa requête auprès d'un tribunal parisien.
«Nous demandons deux millions d'euros à titre d'acompte pour couvrir les frais urgents, et le reste pour le reste de la vie de ma cliente», a déclaré Sébastien Fanti dans une interview accordée jeudi à la «Neue Zürcher Zeitung». Il avait déjà annoncé lundi sa saisine d'un tribunal parisien, sans toutefois préciser le montant de la demande.
Il s'agit d'un décompte provisoire établi par un expert, a précisé l'avocat dans l'interview. Il s'agit notamment d'une indemnisation pour l'atteinte à l'intégrité physique de la Française ainsi que pour sa perte de revenus. Sa cliente devra être soignée toute sa vie.
Sébastien Fanti estime que la probabilité que la France verse cette somme à la jeune femme de 26 ans est élevée. «La France tiendra la commune et le canton du Valais pour responsables, j’en suis certain», a-t-il également déclaré au journal. Au total, l’avocat représente, selon ses propres dires, 26 victimes et leurs proches.
Source: ATS
Une nouvelle personne inculpée par la justice valaisanne
Nouveau rebondissement dans le dossier Crans-Montana: une nouvelle personne a été inculpée, révèle ce 19 mai la RTS. Il s'agit d'un employé communal, qui travaillait au Service des constructions de Chermignon en 2015, lors de la rénovation du bar de Jacques et Jessica Moretti.
La justice valaisanne a pris cette décision durant l'audition de ce dernier ce mardi matin. Alors qu'il était appelé en tant que personne à donner des renseignements, son statut a finalement changé au cours de l'interrogatoire pour celui de prévenu. Selon la RTS, les inspecteurs ont suspendu l'audition, avant de contacter les procureures chargées du dossier. Ces dernières ont alors décidé de le mettre en prévention. Après avoir eu connaissance de son changement de statut, il a refusé de poursuivre son audition.
Au total, quatorze personnes sont inculpées, dont le couple Moretti, le président de la commune Nicolas Féraud, des élus ainsi que plusieurs employés de la commune valaisanne.