Entre fête et deuil
Comment Crans-Montana prépare le premier Nouvel An après le drame

Après le drame du bar «Le Constellation», Crans-Montana fait face à un cruel dilemme pour fêter la Nouvelle Année. La station cherche comment équilibrer recueillement et festivités, en s'inspirant de ville endeuillée comme Nice.
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Comment fêter le réveillon du Nouvel An à Crans-Montana, un an après l'incendie catastrophique ?
Photo: keystone-sda.ch
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Raphael Rauch

Crans-Montana se trouve confrontée à un dilemme particulièrement délicat pour le prochain réveillon du Nouvel An: peut-on vraiment célébrer le passage à la nouvelle année un an après la perte de dizaines de vies? Le 1er janvier 2026, à 1h27, le bar «Le Constellation» s'embrasait, coûtant la vie à 41 personnes et faisant plus de cent blessés.

A Crans-Montana, l'organisation des festivités, qui coïncideront avec le premier anniversaire de ce drame, s'amorce déjà. Comme chaque hiver à cette période, la station de ski valaisanne s'apprête à accueillir des dizaines de milliers de visiteurs. La plupart d'entre eux espèrent démarrer l'année dans une ambiance festive et joyeuse.

A l’écoute des jeunes

Le directeur de Crans-Montana Tourisme, Bruno Huggler, entend impliquer directement la jeunesse dans les réflexions à venir pour la nuit de la Saint-Sylvestre. «Il est primordial de prêter une oreille attentive aux jeunes», insiste l'homme auprès de Blick. Autrement dit, à ceux qui ont perdu leurs proches il y a un an. «Ils doivent pouvoir donner leur avis sur la façon dont Crans-Montana imaginera la soirée du 31 décembre», souligne-t-il. 

Bruno Huggler écarte aussi bien une annulation pure et simple qu'une soirée ordinaire. «Il nous faut trouver un juste milieu, empreint d'empathie, qui permette le recueillement sans pour autant paralyser complètement le réveillon», précise le Valaisan.

Un groupe de travail représentatif peaufine actuellement le déroulement de l'événement. «Nous ne pouvons imposer de contraintes strictes, mais nous émettrons des recommandations ciblées.» 

S'inspirer de Nice

Les festivités officielles sur la place Victoria, à Montana, réunissent habituellement une foule immense pour fêter les douze coups de minuit. «Il s'avère bien difficile d'accorder des attentes divergentes, admet Bruno Huggler. Une chose est sûre: cette nuit tragique est désormais ancrée dans notre histoire, et nous saurons lui rendre un hommage digne.»

Ces dernières semaines, la direction de l'office du tourisme s'est penchée sur la manière dont d'autres villes ont concilié deuil et reprise de la vie après des drames majeurs. «Aucune tragédie ne ressemble à une autre, mais nous pouvons en tirer des enseignements précieux», indique Bruno Huggler. Nice avait par exemple banni la musique et les feux d'artifice un an après l'attentat du 14 juillet 2016, invitant plutôt à déposer des roses blanches sur la Promenade des Anglais.

Une décision est d'ores et déjà actée: le spectacle pyrotechnique public sera annulé pour la Saint-Sylvestre. Un choix somme toute naturel pour le président du Tourisme: «A Crans-Montana, nous avons renoncé aux feux d'artifice depuis plusieurs années déjà.»


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