La défense des époux Moretti vacille sous le poids de leurs propres écrits. Selon les informations concordantes de la «RTS» et de «24 heures», la première audience de confrontation conjointe de Jacques et Jessica Moretti, organisée le vendredi 5 juin 2026 à Sion, a mis en lumière des échanges de messages particulièrement accablants.
Durant près de onze heures d'interrogatoire, les procureures valaisannes ont méthodiquement opposé aux prévenus des messages extraits de leurs propres téléphones portables. Des écrits antérieurs au drame du Nouvel An qui démontrent une connaissance des risques d’embrasement.
Une issue toujours fermée
Parmi les pièces lues à l'audience, un message envoyé par Jessica Moretti à ses employés en décembre 2019 a glacé l'assistance. Elle y ordonnait une surveillance stricte des bougies scintillantes, redoutant explicitement que les clients ne «crament la mousse du plafond», ajoutant que dans un tel cas, «le Constellation brûle».
Un autre échange a suscité la stupeur des avocats des victimes: Jacques Moretti s'y informait de savoir si une issue de secours face aux toilettes était «toujours bloquée». Face à la réponse affirmative de son employé, le patron avait simplement réagi par un émoji représentant un pouce levé. Il appartiendra désormais au Ministère public de déterminer le poids judiciaire de ces preuves.
Une nouvelle inculpation
Si les avocats de la défense minimisent ces propos en invoquant de simples «messages de prudence» ou des formulations sorties de leur contexte, la situation pénale des prévenus s'est lourdement aggravée au cours de la matinée.
Pour rappel, Jessica Moretti a été officiellement inculpée de faux dans les titres. La justice la soupçonne d'avoir fabriqué une fausse facture concernant la fameuse mousse acoustique inflammable acquise en 2015, dont l'origine exacte demeure introuvable. La gérante cumule désormais les préventions d'homicide, d'incendie et de lésions corporelles graves par négligence, en plus de ce délit financier.