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2026 frappe fort:Votre allergie au rhume des foins, c'est nouveau?

Nouvelles allergies, symptômes plus intenses…
Oui, le rhume des foins peut se déclarer d'un coup... et surtout cette année!

Après une fin d'hiver spécialement douce, la floraison des arbres s'avère très intense, en 2026. Certaines personnes n'ayant jamais souffert du rhume des foins peuvent donc, tout d'un coup, y devenir sujettes. Une experte nous explique tout.
L'allergie au pollen peut se déclarer à tout âge et dépendre de certains paramètres environnementaux.
Photo: Shutterstock
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Lorsqu'on n'a jamais éternué à la pensée d'un innocent épi de blé, une gorge qui gratte et un nez qui coule évoquent automatiquement un petit rhume. Mais en constatant que les symptômes s'intensifient au fil des floraisons printanières et que nos yeux s'irritent à leur tour, il faut se rendre à l'évidence: le rhume des foins a fini par nous cueillir. Et nous voilà, hélas, dans le club des mouchoirs, forcés de demander aux collègues bien intentionnés de ne pas nous souhaiter la «santé!» trente fois par jour, au risque de s'épuiser. 

Alors qu'environ 1,2 millions de personnes (soit une personne sur cinq) sont touchées par l'allergie au pollen en Suisse, les nouveaux cas semblent s'accumuler chez des adultes n'ayant jamais été concernés. Aucune nouvelle étude épidémiologique ne peut l'attester pour le moment, mais les expériences individuelles suggèrent que les allergies deviennent plus intenses et se déclarent de manière de plus en plus abrupte. 

«Chaque années, des personnes nous contactent car elles deviennent soudainement allergiques, confirme Roxane Guillod, experte auprès du Centre d'allergies suisse aha! Cela survient souvent pendant l’enfance ou chez le jeune adulte, mais il est aussi possible de développer une allergie à 80 ans, par exemple.» 

C'est notamment le cas des personnes n'ayant pas grandi en Suisse et n'ayant donc jamais été exposées au pollens typiques du pays, comme ceux du noisetier: «Elles peuvent commencer à ressentir des symptômes quelques années après leur arrivée en Suisse, précise la spécialiste. Il faut généralement une ou plusieurs saisons d’exposition avant que l’allergie ne se déclare. En réalité, la personne était déjà sensible, mais n’avait jamais été confrontée à cet allergène.»

Les arbres étaient dans les «starting blocks» dès janvier

Or, l'année 2026, s'y prête particulièrement: «Comme le mois de décembre s'est avéré très doux, les arbres ont développé leurs chatons en avance, explique Roxane Guillod. Ceux-ci ont été libérés dès janvier, avant qu’un nouvel épisode de froid ne survienne. Face à une soudaine baisse des températures, les arbres ont la capacité de refermer leurs chatons, pour les protéger: c’est notamment le cas du noisetier et de l’aulne, qui fleurissent tôt, souvent en janvier, mais plus habituellement vers la moitié ou la fin du mois. Ils se sont ainsi mis en attente, alors que leur développement était déjà bien avancé.» 

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Les arbres étaient donc dans les «starting-blocks», chargés de pollens mais freinés par le retour du froid. Puis est arrivée la douceur du mois de février, leur apportant le signal parfait qu'ils attendaient. Résultat: une véritable «explosion» de pollens s'est produite, avec une rapidité et une intensité marqués. «On a alors observé des concentrations très rapidement élevées, analyse notre intervenante. Habituellement, on constate plutôt une progression graduelle, suivie d’un pic, mais, cette fois, les arbres étaient tellement prêts qu’ils se sont éveillés de manière très rapide et intense. Cela peut expliquer pourquoi de nombreuses personnes ont ressenti des symptômes particulièrement marqués.» 

Notre environnement nous rend plus sensibles

Pour ne pas arranger les choses, la floraison des arbres tend à démarrer de façon précoce, avec un décalage d’environ deux à trois semaines par rapport à la moyenne des trente dernières années, depuis le début des mesures. «Les graminées, quant à elles, fleurissent toujours à peu près au même moment, mais leur saison peut désormais se prolonger plus tard, parfois jusqu’en septembre, note Roxane Guillod. On constate également des quantités de pollens plus importantes et une intensité de pollinisation accrue.»

Sans oublier que certains facteurs environnementaux peuvent également aggraver le risque de développer une allergie: «La pollution joue un rôle en augmentant l’agressivité des pollens, rappelle notre experte. En effet, les polluants stressent les arbres, qui réagissent en modifiant la structures de certains composant des pollens, les rendant plus agressifs. Au final, une personne allergique à plusieurs types de pollens peut souffrir sur une période très longue, de janvier à septembre, notamment si elle est sensible au noisetier, au bouleau et aux graminées. Les symptômes peuvent alors être soutenus lors des pics.»

La situation pourrait encore empirer

Roxane Guillod rappelle toutefois que des traitement existent, pouvant soulager les personnes concernées: «On a souvent tendance à penser qu’il faut souffrir en silence, mais les symptômes peuvent durer longtemps, et il est important de les traiter, notamment pour éviter le développement d’un asthme allergique», insiste-t-elle. 

Car le nombre de personnes souffrant du rhume des foins risque d'augmenter encore, dans la mesure où notre mode de vie nous rend plus susceptible de développer des allergies que les générations précédentes: «Nous vivons moins en contact avec la nature, notre système immunitaire est moins sollicité, et nous sommes davantage exposés à la pollution, liste notre interlocutrice. L’alimentation et d’autres facteurs peuvent également jouer un rôle. C’est probablement la combinaison de la pollution et des changements de mode de vie qui explique cette augmentation des allergies.»

Si les études, longues à réaliser, manquent encore, de nombreuses recherches sont actuellement en cours pour mieux comprendre ce qui nous rend plus sensibles aux allergies.

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