On savait les trouver partout. Une étude à laquelle ont participé des chercheurs de l'Université de Lausanne (Unil) et de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) le confirme une nouvelle fois. Les PFAS, ces polluants dits éternels, sont présents dans les eaux du Rhône de la source à l'embouchure du fleuve.
L'étude, dont le contenu a été révélé mercredi par le quotidien «Le Temps», s'appuie sur des échantillons d'eau récoltés dans le Rhône à 52 endroits différents, allant du col de la Furka au delta de Camargue. Les prélèvements ont été effectués par le kayakiste français Remi Camus, lors de la période d'étiage, en automne.
L'analyse des échantillons révèle la présence dans l'eau de PFAS (les per et polyfluoroalkylées), des substances industrielles dont la caractéristique est d'être d'une stabilité extrême, capables de perdurer un temps quasi infini dans l'environnement. Les chercheurs ont aussi trouvé des produits dérivés de pneus de véhicules.
Industrie et agriculture
Les concentrations des polluants varient au fil des 830 kilomètres du Rhône. Elles augmentent à mesure que le fleuve traverse des zones peuplées et que les activités humaines s'intensifient, avec des rejets liés notamment à l'agriculture et à l'industrie. Ceci montre que le Rhône agit comme un corridor de transport de substances.
Au total, 14 PFAS et deux dérivés contaminants de pneu ont été détectés. L'acide trifluoroacétique (TFA) a été retrouvé dans 96% des échantillons avec des concentrations pouvant atteindre jusqu'à 3252 ng/L (nanogramme par litre), des quantités bien supérieures aux autres PFAS qui ont été décelés dans les eaux du fleuve.
Ces travaux sont les premiers à fournir des données précises sur la présence des PFAS et de substances dérivées de pneu dans le Rhône de sa source à son embouchure en période de basses eaux. Elle peut constituer une référence pour la surveillance environnementale du fleuve. L'étude a été publiée dans la revue Water Research.