La SSR va réactiver dès la mi-novembre la diffusion de ses programmes radio sur les ondes FM, en complément aux modes de réception numériques comme internet et le DAB+. Elle souhaite ainsi laisser davantage de temps aux auditeurs pour passer au DAB+.
La SSR a déposé une demande pour récupérer ses anciennes fréquences FM et revient à la diffusion analogique de ses stations, annonce-t-elle lundi dans un communiqué. L'Office fédéral de la communication (OFCOM) lui a octroyé la concession correspondante, qui est désormais en vigueur, le délai de recours étant passé. Les premiers sites de diffusion seront remis en service à la mi-novembre, ce qui permettra à environ 80% de la population de bénéficier à nouveau d'une couverture FM.
Les coûts supplémentaires engendrés par la remise en service de la FM se montent à 6,5 millions de francs par an. Ils doivent s'inscrire dans le cadre du programme d'économie en cours décrété par le Conseil fédéral.
L'écoute de la radio se fait de plus en plus via les appareils de réception numériques, relève la SSR. Aujourd'hui, près de neuf minutes sur dix sont écoutées via le DAB+ (Digital Audio Broadcasting) et internet. Par ailleurs, les contenus audio sont souvent écoutés en différé, que ce soit en rattrapage du direct via le streaming ou sous forme de podcasts.
«Une passerelle»
Ce revirement découle d'une décision politique. L'arrêt de la diffusion en FM était initialement prévu pour la fin de l'année 2026, tous les programmes radio devant ensuite être diffusés exclusivement via le DAB+. En décembre dernier, le Parlement a toutefois adopté une motion demandant le maintien de la FM pour une période plus longue.
Les parlementaires craignaient que les auditeurs des radios privées continuant à émettre en FM ne se tournent vers des stations étrangères plutôt que d'acquérir des récepteurs compatibles DAB.
À la suite de cette décision, la SSR a annoncé qu'elle reprendrait la diffusion en FM. «Un abandon complet de la FM n'aurait eu de sens que si l'ensemble du secteur avait cessé d'émettre en FM d'ici fin 2026», avait-elle alors expliqué. Elle estimait ne pas pouvoir continuer à renoncer à la FM au risque de perdre un grand nombre d'auditeurs.
La SSR présente cette prolongation de la durée de vie de la FM comme «une passerelle» donnant davantage de temps aux auditeurs pour passer à la réception numérique.