Affaire des groupes WhatsApp
Emmanuel Fivaz: «Tous les policiers ne méritent pas d’être cloués au pilori»

«Tous les policiers ne méritent pas d’être cloués au pilori», dit Emmanuel Fivaz, dans une interview accordée au «Matin Dimanche». Le président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) a été interrogé après le scandale des groupes WhatsApp.
Publié: 06:30 heures
Partager
Écouter
La police lausannoise fait face à la polémique. (Image d'illustration)
Photo: GABRIEL MONNET
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Dans une interview avec le «Matin Dimanche», Emmanuel Fivaz, président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), s'est exprimé sur l'affaire de racisme qui secoue la police lausannoise. Selon lui, «les comportements racistes, sexistes ou antisémites sont inacceptables au sein des forces de l'ordre». Le président de la FSFP apporte toutefois une nuance: «Je vois cependant une différence entre des propos tombant sous le coup de la loi, ou de la mesure administrative, et un débriefing après une intervention autour d’un verre en fin de service, dans un cadre purement privé», explique-t-il. Sans nier le caractère inacceptable des mots et des images qui ont été présentés à la presse en début de semaine, il estime que la complexité du métier de policier nécessite un espace de parole.

Emmanuel Fivaz pointe une loyauté mal orientée plutôt qu’une culture du silence pour qualifier le mutisme des troupes à propos d'un racisme qui a été jugé «systémique» par les autorités du chef-lieu vaudois. Il souligne la responsabilité des cadres dans ce genre de contexte: «Leur rôle est de recadrer les équipes.»

Formation

Pour le président de la FSFP, la formation est la clé. Il défend aussi la diversité dans le recrutement souhaitant que davantage de femmes et de policiers d'origine étrangère puissent être intégrés. La formation doit intégrer éducation civique, sociétale et géopolitique, ainsi que, ponctuellement, des modules sur les problématiques de racisme et de sexisme. Les cadres doivent expliquer les mouvements sociaux et politiques à leurs troupes.

Emmanuel Fivaz insiste sur la communication au public. Il prône la transparence dans les affaires sensibles. Il préconise aussi une «culture de l'erreur» permettant aux policiers de progresser non seulement techniquement, mais aussi humainement, via des retours d’expérience concrets.

Pas tous

Concernant le cas particulier lausannois, le Neuchâtelois rappelle que seuls 48 des plus de 500 policiers lausannois sont impliqués dans les groupes WhatApp qui ont défrayé la chronique en début de semaine. «Je ne pense pas que tous méritent d’être cloués au pilori pour avoir minimisé la situation», dit-il.

Emmanuel Fivaz mise enfin sur le dialogue interne pour réduire «ce clivage qu’on ressent parfois (...) entre les autorités politiques et le corps de police» tout en déplorant qu'«il y a peut-être une idéologie antipolice ou anarchiste, pour faire court, plus prégnante à Lausanne qu’ailleurs». Il conclut en affichant la conviction que «la majorité de la population a toujours confiance dans sa police et va encore composer le 117 lorsqu'elle aura besoin d'aide».

Partager
Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la
Articles les plus lus
    Articles les plus lus