Sites de l'EPFL et l'UNIGE fermés
Faille informatique mondiale: voici les consignes de la Confédération

Les sites web, boutiques en ligne et portails d’information développés en PHP sont vulnérables aux cyberattaques. Des sites aux quatre coins du monde ont été mis hors ligne par précaution. En Suisse également, des sites web ont été désactivés. Voici les mesures à prendre dès maintenant.
1/4
WordPress utilise le langage de programmation PHP. La Confédération recommande de mettre immédiatement à jour les systèmes concernés.
Photo: keystone-sda.ch
20398918 AuthorPlaceholder.png
Leandra Sommaruga

Des centaines de sites web sont actuellement hors ligne dans le monde entier, y compris en Suisse. En cause: deux failles de sécurité critiques dans le langage de programmation PHP. Une situation qui peut faciliter les cyberattaques. En effet, des hackeurs pourraient exécuter un code malveillant sur les serveurs concernés sans authentification.

PHP est l'un des langages de programmation les plus utilisés dans le monde pour le développement d’applications web. Il constitue la base technique de nombreux sites internet, boutiques en ligne et portails d’information. WordPress, Drupal, TYPO3, Joomla, Magento ou Nextcloud ont par exemple été développés avec PHP.

La Suisse concernée

En Allemagne, en Finlande et aux Pays-Bas, des autorités, universités et hôpitaux ont mis temporairement hors ligne leurs sites web. La Confédération tire elle aussi la sonnette d’alarme: elle somme les utilisateurs de «mettre immédiatement à jour les systèmes concernés».

Ainsi, les sites web de l’Université de Genève et de l’EPFL Lausanne ne sont par exemple plus accessibles depuis mercredi soir. Plusieurs fournisseurs d’hébergement ont également désactivé leurs sites web.

L’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) préconise une mise à jour immédiate des systèmes concernés. «En plus des serveurs web, vérifiez les applications et appareils qui utilisent PHP comme composant intégré», indique son communiqué.

Ce que vous devez faire

La Confédération recommande de suivre plusieurs étapes pour limiter les risques liés à cette faille. Tout d'abord, il faut recenser les installations PHP, les versions utilisées, leur accessibilité ainsi que les responsables de leur exploitation. Cet inventaire doit aussi inclure les composants intégrés et les applications gérées par des prestataires externes.

Les systèmes concernés doivent ensuite être mis à jour sans délai. Les services d’hébergement et les fabricants des produits utilisés doivent confirmer que la vulnérabilité a été corrigée. Une fois les mises à jour installées, il est nécessaire de redémarrer les services concernés ainsi que les processus PHP fonctionnant en continu. Si des conteneurs sont utilisés, ceux-ci doivent, le cas échéant, être reconstruits et redéployés.

Il convient également de s’assurer que les applications en cours d’exécution utilisent bien une version corrigée de PHP ou un paquet dont la correction a été confirmée par le fournisseur.

Enfin, la Confédération préconise de contrôler les systèmes et les journaux afin de repérer d’éventuels signes d’activité suspecte, tels que des requêtes inhabituelles, des plantages, des modifications de fichiers ou des processus inattendus.

Attention: une mise à jour ne suffit pas à éliminer les conséquences d’une éventuelle compromission antérieure. Il est donc essentiel de vérifier si les systèmes ont déjà été infiltrés.

Articles les plus lus