Tobias F.* est assis devant un groupe de jeunes enfants et joue de la guitare. Une scène qui semble anodine au sein d'une crèche du canton de Berne. Mais derrière cette apparente normalité, des faits graves se sont produits en coulisses.
L'homme aurait abusé d'au moins 15 enfants âgés de un à quatre ans dans des crèches de Winterthour et du canton de Berne. Il a filmé une partie de ses agressions à l'aide du téléphone portable de la crèche et de son smartphone personnel.
Dans la pièce principale de la crèche
Selon la SRF, Tobias aurait se serait absenté plusieurs fois seul avec des enfants aux toilettes pendant plusieurs minutes. Des abus auraient également eu lieu pendant la sieste et plusieurs incidents se seraient produits à huis clos, tandis que d'autres auraient eu lieu dans la pièce principale de la crèche.
Dans l'acte d'accusation du Ministère public bernois, que la SRF a pu consulter, les incidents sont nommés concrètement, parfois de manière très détaillée. Il est notamment écrit que les enfants concernés présentaient des inflammations au niveau de leurs parties intimes et qu'à la suite de ces incidents, «certains ont pratiqué le sexe oral avec d'autres enfants.»
Tobias a été pris en flagrant délit de consultation de sites pédopornographiques. Il a été arrêté en février 2024 et est depuis derrière les barreaux. Il est accusé, entre autres, de profanation, d'agression sexuelle, de viol et d'actes sexuels sur mineurs. Selon les indications du parquet, le prévenu a partiellement avoué les faits.
«Mon fils a eu une enfance très difficile»
«Je ne suis pas autorisée à parler en raison de la procédure en cours contre mon fils, déclare Amélie F.*, la mère de l'accusé, à Blick. Je n'en sais pas plus. Je sais seulement que mon fils a eu une enfance très difficile, marquée par des violences psychologiques, physiques et sexuelles.» Elle a précisé que ces violences ne provenaient pas d'elle.
Lors de l'entretien, elle paraît calme mais profondément émue. «En tant que mère, j'ai fait de mon mieux, mais j'ai dû faire appel à un tuteur lorsqu'il était en âge d'aller à la maternelle.»
Et d'ajouter: «Je n'étais absolument pas au courant des actes qui lui sont reprochés. C'est un homme chaleureux, et il restera mon fils, peu importe ce que l'enquête révélera.» La femme de 67 ans souligne: «Si des enfants ont effectivement été blessés à cause de lui, j'en suis profondément désolée.»
Dénoncé par un apprenti
La situation est particulièrement délicate car des soupçons de maltraitance avaient déjà été relevés chez son précédent employeur à Winterthour. En 2020, une mère y a signalé des incidents suspects, comme le rapporte la «NZZ am Sonntag». Sa fille lui racontait que Tobias enfilait des gants que le personnel utilisait normalement uniquement pour changer les couches et se rendait dans la salle de sieste, où il «caressait» les enfants. La crèche a par la suite promis de revoir sa politique de protection.
Lors d'un second incident, un apprenti affirme avoir vu Tobias se pencher sur un enfant dans le dortoir et le caresser. Surpris par sa présence, Tobias aurait sursauté, avant que ce dernier ne signale ce comportement inapproprié.
En 2022, la crèche de Winterthour a porté plainte contre son employé. La police a ouvert une enquête, qu'elle a finalement classée sans suite, faute de preuves. Pendant ce temps, Tobias a été muté dans une crèche du canton de Berne, où il a poursuivi ses activités.
*Nom connu de la rédaction