La consommation de cocaïne continue d'augmenter en Suisse, selon une nouvelle analyse d'Addiction Suisse publiée jeudi. Ce sont surtout les hommes et les jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans qui en consomment.
En Suisse, la cocaïne est la substance illégale la plus consommée après le cannabis. Selon la dernière Enquête suisse sur la santé datant de 2022, environ 1% de la population a consommé de la cocaïne au cours des douze derniers mois. Cela représente 60'000 personnes extrapolées à l'échelle nationale, détaille Addiction Suisse. Cependant, l'organisation note que diverses sources de données, dont des analyses des eaux usées, indiquent toutefois que l'ampleur réelle est «certainement bien plus importante».
Une grande partie des consommateurs bien intégrée
La consommation de cocaïne s'est répandue dans de larges pans de la société. Les hommes et les jeunes adultes âgés de 18 à 43 ans sont les plus nombreux à consommer. Une grande partie des consommateurs est socialement intégrée, bien formée et active professionnellement. Outre les consommateurs occasionnels, il existe, selon Addiction Suisse, un groupe présentant une consommation régulière à intensive qui est ainsi «exposé à un risque accru de problèmes de santé et de difficultés sociales».
Selon les analyses d'Addiction Suisse, une part de la consommation non négligeable a également lieu en semaine. Certains secteurs professionnels se distinguent, avec un usage parfois «fonctionnel» de la cocaïne, par exemple pour «améliorer les performances, rester éveiller ou renforcer la confiance en soi», souligne la fondation. Parmi ces secteurs figurent la restauration, le bâtiment ainsi que le milieu artistique et du divertissement. Une forte pression de performance, des horaires longs ou irréguliers, des dynamiques de groupe marquées ainsi qu'une insécurité liée au travail favorisent la consommation de cocaïne.
Le passage d’une consommation occasionnelle à une consommation problématique se fait généralement de manière progressive. Souvent, les personnes concernées ne cherchent de l’aide que lorsque des problèmes personnels, sociaux ou professionnels graves ne peuvent plus être dissimulés, met en garde Addiction Suisse.