En bref
- Le Tribunal fédéral a annulé le refus de la commune
- Son test de connaissances n'était pas suffisant, mais elle était considérée comme intégrée
- Des Français ont échoué à cause d'une vitesse de 80 km/h et de la tonte de leur pelouse les jours fériés
C'est un parcours du combattant... qui frise l'absurde. Une enseignante du primaire de 49 ans, domiciliée à Freienbach dans le canton de Schwytz, souhaitait être naturalisée en 2025. Elle vivait déjà dans la commune depuis neuf ans. Contrairement à son mari et à ses enfants, la procédure de naturalisation ne s'est pas déroulée sans accroc, rapporte la «Luzerner Zeitung». Sa demande de naturalisation a été rejetée.
La femme avait certes répondu correctement à plus de la moitié des questions, mais cela ne suffisait pas. Elle ne se souvenait par exemple pas de la première ligne de l'hymne national. Elle a contesté la décision devant le tribunal administratif. Celui-ci a conclu que la candidate compensait ses lacunes en matière de connaissances par une bonne intégration dans la société et lui a donné raison.
Des questions «difficiles»
Une question, en particulier, résume l’absurdité de l’exercice. Même la commune a dû admettre qu’elle était difficile, rapporte la «Luzerner Zeitung». Les candidats devaient situer le «Pfarrersgärtli», le «petit jardin du curé». Selon le Tribunal administratif, un habitant moyen de Freienbach était incapable de répondre.
Le nom vient d’une farce. Des travaux avaient modifié le tracé d’une route à Pfäffikon. Appelé pour un décès, le curé ne s’en était pas aperçu. Il s’est embourbé, et il a fallu un tracteur pour le sortir de la boue. L’histoire a fait rire les bistrots du coin, et l’endroit a gardé ce surnom.
La commune n’en a pas moins défendu son refus de naturaliser cette femme jusqu’au Tribunal fédéral. Mon-Repos lui a donné tort: comme le reste de sa famille, elle recevra le passeport rouge. La question du «Pfarrersgärtli», elle, figure toujours dans le questionnaire.
Tondre la pelouse les jours fériés, un argument rédhibitoire
Un Français a eu moins de chance en 2024. A Clos du Doubs, dans le Jura, plusieurs membres de l’assemblée communale se sont opposés à ce que cet homme de 50 ans obtienne le passeport rouge.
Le premier lui reprochait de n’être presque jamais là et de se montrer trop rarement au village. Un autre l’accusait du contraire: il aurait troublé la tranquillité publique en tondant sa pelouse les jours fériés, en débroussaillant ou en bricolant. Un candidat à la fois absent et trop bruyant, donc. Le conseil communal n’a pourtant jamais reçu la moindre plainte, a précisé le maire, Jean-Paul Lachat.
L’année précédente, un autre Français s’était vu refuser la nationalité suisse pour un excès de vitesse. Il avait roulé à 80 km/h au lieu de 40 km/h aux abords d’un chantier. L’homme vivait en Suisse depuis quarante ans, mais il a été jugé «pas suffisamment intégré».