550ème anniversaire
Près de 5000 personnes se sont réunies à Fribourg pour commémorer la bataille du Morat

Morat a fêté samedi le 550e anniversaire de sa bataille survenue le 22 juin 1476. L'occasion pour la cité médiévale fribourgeoise de célébrer, en présence du conseiller fédéral Martin Pfister, un événement marquant de l’histoire suisse et européenne.
Malgré les fortes chaleurs, le programme s'est déroulé sans difficulté majeure.
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ATS Agence télégraphique suisse

Quelque 5000 personnes ont participé samedi aux différentes manifestations officielles organisées à Morat à l'occasion du 550e anniversaire de la bataille de 1476. Parmi les temps forts de la journée figurait notamment le «White Brunch & Party», qui affichait complet.

Malgré les fortes chaleurs, le programme s'est déroulé sans difficulté majeure. «Nous avions prévu suffisamment de pauses pour permettre aux visiteurs de s'hydrater», a confié à Keystone-ATS Markus Ith, responsable du projet des festivités et ancien président du Grand Conseil fribourgeois, lui-même Moratois.

L'ambiance a été jugée très positive par les organisateurs. Les visiteurs venus d'autres cantons ont particulièrement apprécié l'invitation, la cérémonie et l'organisation générale. Les discours ont également été salués. «Nous étions là pour commémorer un événement historique, mais surtout pour célébrer la paix plutôt que la guerre», a relevé Markus Ith, estimant que les interventions étaient «dans l'air du temps».

Recueillement puis cortège commémoratif

Le programme a commencé le matin par un recueillement à la Pantschau, grande prairie au bord du lac de Morat, avec un dépôt de gerbes, un geste qui a lieu en principe tous les 10 ans seulement. Après ce «bref moment», les participants ont formé un «cortège commémoratif» qui a parcouru 2 kilomètres.

Ce dernier a emprunté la Ryf et la rue de Lausanne jusqu’au château, avant de traverser la vieille ville pour rallier l’église allemande, où la cérémonie officielle et les allocutions ont eu lieu. Trois discours y ont été prononcés, un pour chaque échelon de pouvoir, avec en premier lieu celui du ministre de la défense Martin Pfister.

Grenadiers fribourgeois et Milices vaudoises

Ensuite, c'est le président du Conseil d'Etat fribourgeois Philippe Demierre qui s'est exprimé, la syndique de Morat Petra Schlüchter clôturant le moment. Le président du Conseil national Pierre-André Page, Fribourgeois par ailleurs, figurait parmi les convives. Des représentants de plusieurs cantons comptaient aussi dans les invités.

Les cantons de Fribourg, de Vaud et de Berne ont occupé évidemment une place de choix, en lien avec leur rôle historique, sachant qu'en 1476 s'est aussi déroulée la bataille de Grandson (VD). Les invités se sont ensuite rendus au «Kanonenmätteli», devant la porte de Berne, pour assister à la salve d’honneur.

Le public a pu y admirer le contingent des Grenadiers fribourgeois et les Milices vaudoises. Le programme s’est achevé par un repas «convivial» servi sous la tente de fête, derrière l’école primaire de la Längmatt. Samedi toujours, de 10h00 à 2h00, Morat Tourisme a organisé un événement où il faut se présenter tout de blanc vêtu.

Soirée blanche

Le «White Brunch & Party» a réuni plus de 600 personnes vêtues de blanc. Les festivités avaient débuté dès vendredi soir avec la fête des fontaines.

Au-delà, le programme officiel des festivités propose encore un camp médiéval, avec un marché et diverses animations qui prendront place aux abords de la vieille ville. Dimanche et lundi, il offre respectivement le traditionnel tir historique et la fête des écoles, comme chaque année également.

La fête a été concoctée par l'association Grandson-Murten 2026, fruit de la collaboration des communes de Grandson et de Morat. Il est prévu au total 42 projets jusqu'en octobre, sachant que le 2 mars a déjà été commémoré les 550 ans de la bataille de Grandson, en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Guerres de Bourgogne

La cérémonie a coïncidé avec la réouverture du château, après 15 ans de rénovation. Pour mémoire, ce sont les 2 mars et 22 juin 1476 qu'ont eu lieu les batailles de Grandson et Morat. La Suisse a été le théâtre de deux grands événements des guerres de Bourgogne, opposant l’ancienne Confédération et le duché de Bourgogne.

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, possède alors un empire «patchwork» qui s’étend de la mer du Nord jusqu’à la Méditerranée, coincé entre la France de Louis XI et l’Empereur du Saint-Empire Frédéric III. Son but est de consolider son territoire, en usant de la diplomatie, mais aussi en faisant la guerre.

Mais le canton de Berne et les Confédérés se mettent en travers de sa route dans ce qui est aujourd’hui la Suisse romande. En mars 1476, Charles le Téméraire subit à Grandson, sur les rives du lac de Neuchâtel, sa première défaite face aux Confédérés. Pris d’un ardent désir de vengeance, il compte bien faire plier les Suisses.

Pour cela, il rassemble ses troupes à Lausanne et se dirige vers Berne, en passant par la plaine de la Broye, pour subir une défaite à Morat. Ces victoires suisses marquent le déclin du duché de Bourgogne et redistribuent les cartes sur l’échiquier européen.

Ainsi, selon la formule consacrée, «le duc perdit son bien à Grandson, son courage à Morat et sa vie à Nancy».

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