Si vous achetez trois bananes ou un sachet de quatre tomates au magasin, mieux vaut rester attentif. Depuis le début de l’année 2025, il faut indiquer lors de la pesée si les articles sont en vrac, dans un sachet en plastique, dans un sac en papier ou dans un sac en tissu réutilisable. Cette étape supplémentaire à la balance est obligatoire, ce qui a le don d'agacer de nombreux clients partout en Suisse.
Mais cette obligation controversée, qui impose de choisir l’emballage lors de la pesée des fruits et légumes, va déjà disparaître, révèle «Aargauer Zeitung». Le Conseil national et le Conseil des Etats ont accepté une motion en ce sens de la conseillère nationale PLR de Bâle-Campagne Daniela Schneeberger. Le Conseil fédéral devra dès lors abroger cette réglementation.
«Frustration inutile»
Dans sa motion, Daniela Schneeberger demandait que les fruits et légumes puissent à nouveau être achetés «sans formalités administratives». L’utilité de la modification de 2025 n’a jamais été évidente, pouvait-on lire dans le texte de son postulat. Pour les magasins, elle a représenté davantage de travail, tout en compliquant les achats pour la clientèle «sans qu’elle puisse bénéficier d’une réduction de prix effective en raison de la différence de poids négligeable», écrivait Daniela Schneeberger. «Cela entraîne une frustration inutile, en particulier chez les consommateurs âgés.»
Le conseiller fédéral Beat Jans a lui aussi soutenu cette position. «L'achat de fruits et légumes est un sujet qui nous concerne tous.» En principe, les clients ne doivent payer que la quantité de marchandise achetée, sans le poids de l’emballage. Une exception devra donc à nouveau s’appliquer pour les fruits et légumes. «Dans le même temps, le commerce de détail doit avoir la possibilité de maintenir la solution actuelle consistant à déduire le poids des sacs, ce qui permettra d’éviter de nouveaux coûts de transition.»
Coop change à nouveau de système
A partir de 2027, les détaillants pourront donc décider eux-mêmes s’ils souhaitent ou non prendre en compte le poids des petits sacs allant jusqu’à deux grammes. Migros a d'ores et déjà fait savoir qu'elle n'entendait pas changer son système. «Les procédures actuelles sont bien établies, elles ont fait leurs preuves tant au niveau opérationnel que dans les relations avec la clientèle», a précisé le géant orange auprès de l’«Aargauer Zeitung». Chez Migros, les clients peuvent utiliser le bouton «sacs», mais ils n’y sont pas obligés. Ceux qui ne sélectionnent rien obtiennent automatiquement le prix correct.
Coop, de son côté, a indiqué vouloir revenir à l’ancien système. Le détaillant estime que cette solution est plus simple pour la clientèle.