«Du jamais vu»
Ces arbres risquent de disparaître des forêts suisses

Les forêts suisses souffrent de l'été caniculaire de 2026. Feuilles brunies, branches nues, hêtres en détresse: des scientifiques du WSL cherchent des solutions pour préserver les arbres face au changement climatique.
Eric Wuillemin, collaborateur scientifique à l'Office jurassien de l'environnement, montre une feuille de hêtre le 29 juillet 2026
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Feuillage brun, branches nues, l'été caniculaire se fait aussi ressentir dans les forêts suisses. Mais si certains endroits souffrent, d'autres sont étonnamment en bon état. Les gardes forestiers aimeraient bien comprendre pourquoi.

«Nous n'avons encore jamais rien vu de tel», indique à l'agence Keystone-ATS Arthur Gessler, de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Avec un manque de précipitations et une chaleur exceptionnelle, l'été 2026 défie toutes les mesures passées, mais il pourrait bien devenir la norme.

Pour savoir si la forêt a subi des dommages, il n'est pas nécessaire d'être un expert. Certaines collines boisées ont une couleur brune comme à la fin de l'automne. Le hêtre, très présent dans de nombreuses forêts du Jura, est particulièrement éprouvé par la sécheresse.

L'été 2018 particulièrement sec et chaud avait déjà fait souffrir le hêtre. Environ 5% des forêts de hêtres, à l'époque, avaient jauni prématurément, selon une étude du WSL. Pour cette année, il n'existe pas encore de chiffres, mais le changement de couleur des arbres est visible dans beaucoup de régions.

Une forêt différente

Parmi ces arbres, il est difficile de savoir combien d'entre eux repousseront et combien dépériront. Ce que certaines études montrent est que le brunissement prématuré du feuillage chez les hêtres est le signe que la mortalité des arbres augmentera significativement l'année suivante.

La seule certitude est que la forêt du futur ne ressemblera pas à celle que l'on connaît aujourd'hui, indique Andri Baltensweiler, chercheur au WSL. Les modèles climatiques et les simulations donnent une idée des essences qui pourront pousser à certains endroits alors que les conditions vont se modifier. Le chêne et l'érable figurent parmi les bons candidats.

Diversifier la forêt

Mais ces modèles ne peuvent pas tout dire de la forêt du futur. Savoir quelles essences peuvent survivre n'est pas uniquement une question de température. Le sol, la disponibilité en eau, l'altitude et l'orientation d'une pente jouent également un rôle.

Dans la région de Granges (SO), une forêt est en bon état alors qu'une autre forêt, éloignée d'à peine 30 kilomètres, présente des dommages significatifs. Les scientifiques se sont rendus dans la localité soleuroise ces dernières semaines pour comprendre ces différences. «Nous récoltons des données», explique Frank Krumm, scientifique au WSL «La forêt du futur ne se plantera pas selon une recette établie». Selon lui, se fier uniquement aux manuels de sylviculture n'est pas une bonne idée.

Les chercheurs doivent observer, essayer et apprendre de leurs expériences. Le dérèglement climatique oblige la recherche forestière à devenir plus flexible. Tout l'art consistera à combiner différentes approches. Ce qu'il faudra absolument faire, les chercheurs sont unanimes sur ce point, sera de diversifier la forêt. Plus il existera de variétés dans les essences, plus les chances seront grandes qu'au moins une partie des plantations s'adaptera aux nouvelles conditions.

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