Personnel sous pression
Une commission tire la sonnette d'alarme face aux risque d'erreurs médicales

Avec le stress, le personnel médical peut commettre des erreurs concernant l'administration des médicaments. Un programme national doit ainsi être mis sur pied pour y remédier.
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En période de stress, des confusions entre les médicaments peuvent se produire.
Photo: Keystone
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Andreas Schmid

Erreurs de dosage, confusion entre médicaments, étiquetages peu clairs: ces méprises représentent un risque sanitaire non négligeable pour les patients. A l’échelle internationale, les experts estiment que 5% d'entre eux souffrent de problèmes de santé dus à un mauvais usage de leur traitement. Dans un quart des cas, les conséquences sont graves. Parfois mortelles.

La Suisse n’est pas épargnée. La Commission fédérale de la qualité (CFQ), rattachée au Département fédéral de l’intérieur, estime qu’il est urgent d’agir pour améliorer la sécurité liée aux médicaments. Un programme national doit ainsi être mis en place afin de définir des normes et des mesures uniformes pour leur emploi. Objectif: renforcer la sécurité des patients.

Pénurie de personnel

La Fondation suisse pour la sécurité des patients élabore ce programme pour le compte de la CFQ. Elle s’appuie notamment sur une enquête menée auprès de plus de 1000 professionnels de la santé. Les retours des pharmacies, des services de soins, des urgences et des cabinets médicaux montrent que les erreurs surviennent surtout en période de stress, en raison du manque de personnel ou d’une communication insuffisante. Dans ce contexte, confondre les médicaments est une erreur fréquente.

Ces incidents ne relèvent généralement pas de fautes individuelles, mais plutôt de failles dans l’organisation ou les procédures, explique Bettina Scheidegger, porte-parole de la Fondation suisse pour la sécurité des patients. «Il peut s’agir d’emballages similaires, de noms proches, d’un stockage insuffisamment séparé ou d’un étiquetage incohérent», détaille-t-elle. Des dosages peu harmonisés et des indications peu claires provoquent aussi des problèmes récurrents.

Pénurie de médicaments

Les pénuries de médicaments constituent une autre source de risque. «Lorsque des médicaments habituels ne sont pas disponibles et doivent être remplacés par d’autres préparations, le risque de confusion augmente», souligne Bettina Scheidegger. Le passage à un autre produit peut entraîner des changements d’emballage, de dosage ou de mode d’administration, ce qui complique la tâche des soignants comme des patients.

Le futur programme national doit aussi définir une liste de médicaments dits à haut risque. Actuellement, il n’existe pas encore de définition uniforme de cette catégorie en Suisse. Elle comprend notamment les médicaments pouvant provoquer des effets secondaires importants, entraîner un risque d’abus ou de dépendance, ou déclencher des réactions allergiques graves. Leur utilisation exige une vigilance particulière, car une erreur de dosage ou une confusion peut avoir de lourdes conséquences.

Spécialisation des traitements

Les nouveaux médicaments, les nouvelles thérapies et les innovations technologiques améliorent constamment la prise en charge des patients. Mais la spécialisation croissante des traitements implique aussi l’intervention de davantage de professionnels et de disciplines, ce qui multiplie les points de contact et donc les risques d’erreur.

Avec ce programme, la Fondation suisse pour la sécurité des patients veut élaborer des solutions pratiques avec les experts et les institutions concernées. L’objectif est de développer des concepts utilisables au quotidien et faciles à intégrer dans les processus existants.

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