Une personne sur six en Suisse consacre plus du tiers de ses revenus au logement, dépassant ainsi le seuil généralement recommandé. Chez les locataires, cette proportion atteint même plus d'un cinquième (22%), selon une enquête publiée jeudi par le comparateur en ligne Comparis.
Selon une règle budgétaire couramment admise, les dépenses de logement ne devraient pas dépasser un tiers du revenu brut du ménage. Cette limite constitue un seuil d'alerte, explique Harry Büsser, expert immobilier chez Comparis. Les personnes qui la dépassent durablement risquent de devoir réduire d'autres postes de dépenses importants, notamment ceux consacrés à la santé ou à la prévoyance.
Les ménages modestes touchés
Le logement pèse particulièrement lourd dans le budget des ménages à faibles revenus. Selon cette enquête représentative, menée en août auprès de 1038 personnes, 36% des ménages disposant d'un revenu brut allant jusqu'à 4000 francs consacrent plus d'un tiers de leurs ressources au logement. Cette proportion tombe à 6% pour ceux gagnant plus de 8000 francs.
Les propriétaires ne sont pas épargnés: 7% d'entre eux dépassent également le seuil du tiers. Un résultat notable, selon Comparis, puisque les banques doivent vérifier la capacité financière à long terme des emprunteurs avant d'accorder une hypothèque. Elles effectuent généralement leurs calculs sur la base d'un taux d'intérêt théorique de 5%, nettement supérieur aux taux actuellement pratiqués sur le marché.
Comparis souligne enfin que les coûts mensuels du logement en propriété paraissent souvent inférieurs à ceux de la location. Cette comparaison néglige toutefois fréquemment les fonds propres importants immobilisés dans le bien immobilier.