En bref
- L'homme d'affaire suisse Alfred Gantner demande aux entreprises de verser des taxes pour la main-d’œuvre étrangère.
- Au Liechtenstein, les nouveaux arrivants doivent déposer 84'000 francs. Chaque année, 36 permis de séjour sont attribués par tirage au sort.
- Le Conseil des Etats examine une taxe sur l’immigration de 4000 francs pour les cas particuliers
Le chef d’entreprise Alfred Gantner a récemment relancé le débat sur l’immigration en Suisse. Dans un entretien accordé à CH Media, il a proposé que les entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers versent une contribution, qui serait ensuite redistribuée aux ménages suisses. L’idée d’une taxe liée à l’immigration n’est toutefois pas nouvelle.
Au Liechtenstein, s’installer dans le pays peut déjà nécessiter un important effort financier. C’est notamment le cas pour les ressortissants étrangers qui souhaitent vivre avec une personne domiciliée dans la principauté. Les couples concernés doivent déposer au moins 84'000 francs auprès de l’Etat à titre de garantie. Cette somme, qui n’est pas définitivement versée, reste gelée, représentant ainsi un obstacle important.
Cette mesure vise à éviter que les nouveaux arrivants ne deviennent une charge pour le système social. Contrairement aux couples mariés, les partenaires non mariés ne sont pas légalement tenus de se soutenir financièrement en cas de difficultés. Cette règle s’applique également aux personnes qui travaillent au Liechtenstein et y paient donc des impôts et des cotisations sociales.
Pas un obstacle insurmontable
La question a récemment fait débat dans les milieux politiques de la principauté. «Dans la pratique, cela peut constituer un obstacle important, notamment pour les jeunes adultes et les personnes disposant de revenus moyens», rapporte le journal «Vaterland», qui cite Dagmar Bühler-Nigsch, porte-parole parlementaire de l’Union patriotique, formation de centre droit. Le gouvernement n’a toutefois pas estimé nécessaire de modifier la réglementation, considérant qu’elle ne constituait pas un obstacle insurmontable. Le dispositif restera donc en vigueur.
Les autorités ont également rejeté l’idée d’assouplir les règles pour les ressortissants des deux pays voisins, la Suisse et l’Autriche. Le gouvernement a fait valoir qu’une réglementation identique devait s’appliquer aux citoyens de l’Espace économique européen (EEE). La Suisse ne faisant pas partie de l’EEE, elle est également concernée par des règles spécifiques.
Attribution par tirage au sort
De manière générale, obtenir un droit de séjour au Liechtenstein reste difficile. Un permis peut être délivré directement par le gouvernement ou attribué par tirage au sort. Chaque année, 36 permis de séjour sont ainsi mis à disposition: 28 pour des personnes qui travaillent dans la principauté et huit pour celles qui n’y exercent pas d’activité professionnelle.
La participation à ces tirages au sort est réservée aux ressortissants de l’EEE et aux citoyens suisses. Pour les personnes originaires d’autres pays, les permis de séjour sont principalement accordés aux cadres, aux spécialistes et à d’autres travailleurs qualifiés.
En Suisse aussi, l’idée d’une taxe liée à l’immigration a récemment été discutée au Conseil des Etats. Selon la proposition débattue, les employeurs devraient verser au moins 4'000 francs par an pour chaque travailleur étranger. Cette contribution ne s’appliquerait toutefois que si le Conseil fédéral activait une clause de sauvegarde, soumise à des conditions strictes.