Interdire la pratique
Les évêques suisses rejettent les thérapies de conversion

Les Eglises de Suisse rejettent fermement les thérapies de conversion, jugées incompatibles avec leur mission pastorale. La Conférence des évêques suisses soutient une interdiction nationale pour protéger les mineurs et les personnes vulnérables.
Les évêques suisses rejettent catégoriquement les thérapies de conversion. (image d'illustration)
Photo: Switzerland Tourism - BAFU
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ATS Agence télégraphique suisse

Les Eglises de Suisse rejettent «catégoriquement» toute forme de thérapie de conversion. Pour la Conférence des évêques suisses (CES), ces mesures ne sont pas compatibles avec leur mission pastorale.

Dans un contexte religieux, de telles pratiques peuvent constituer un abus spirituel lorsque des personnes sont humiliées, menacées ou manipulées au nom de Dieu, écrit la CES dans un communiqué publié mardi. L'accompagnement pastoral ne doit jamais exercer de pression ni humilier les personnes, ajoute-t-elle.

Les évêques soutiennent l'objectif d'une réglementation uniforme à l'échelle nationale, telle qu'esquissée dans une motion déjà adoptée par le Conseil national: à leurs yeux, «l'offre, la médiation et la promotion de mesures de conversion doivent être interdites et sanctionnées, afin de protéger tout particulièrement les mineurs et les personnes vulnérables». Ils précisent toutefois qu'une interdiction «doit être conçue de manière à ne pas concerner le conseil et l'accompagnement pastoral ouvert et respectueux, ni l'accompagnement psychothérapeutique professionnel».

Les réformés aussi

Le conseil de l'Eglise évangélique-réformée de Suisse (EERS) soutient lui aussi l'idée d'une interdiction des thérapies de conversion au niveau national. «Cela vaut également lorsqu'elles interviennent dans un contexte religieux ou ecclésial», souligne-t-il dans une prise de position publiée mardi également.

Les «efforts visant à changer l'orientation sexuelle» ne manquent pas seulement de fondement médical, psychothérapeutique et sur le plan de la sexologie, mais ils doivent aussi être rejetés pour des raisons théologiques et éthiques. Ils mettent en danger l'intégrité psychique des personnes victimes et transforment l'accompagnement spirituel en un instrument de soumission religieuse, écrit-il.

Les thérapies de conversion visent à modifier ou refouler l'orientation sexuelle des personnes homosexuelles, lesbiennes, bisexuelles ou transgenre. Des mesures ont été prises dans un certain nombre de cantons, mais pas encore au niveau fédéral. La motion doit encore être débattue au Conseil des Etats.

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