Le doute sur la culpabilité a prévalu
Un père accusé d'abus sexuels par sa fille acquitté

Le Tribunal de Hinwil (ZH) a acquitté un père de 65 ans accusé par sa fille d'abus sexuels entre ses 6 et 15 ans. Les juges n'ont pas été convaincus par des déclarations jugées inconstantes, malgré des expertises favorables à la plaignante.
Malgré l'avis de plusieurs experts qui considéraient ses accusations comme crédibles, les juges n'ont pas été convaincus.
Photo: Shutterstock

La justice zurichoise a acquitté un homme de 65 ans, accusé par sa fille d'avoir abusé d'elle sexuellement jusqu'à l'âge de 15 ans. Les déclarations de cette dernière étaient «stéréotypées» et inconstantes, ont estimé les juges, leur laissant ainsi un sentiment de doute.

Lors du procès qui s'est tenu à la mi-janvier au Tribunal de district de Hinwil (ZH), le Ministère public avait requis une peine de 15 ans de prison contre le prévenu. La défense avait exigé son acquittement, les accusations de sa fille aujourd'hui majeure n'étant «pas crédibles, parfois incompréhensibles et éloignées de la réalité», selon elle. L'avocate de la plaignante a déclaré qu'elle songeait à faire appel du jugement.

Crédibilité de la plaignante mise en doute

La jeune femme accusait son père de lui avoir régulièrement touché les fesses et les parties intimes quand elle avait entre 6 et 15 ans, ainsi que de l'avoir pénétrée. Elle avait ensuite été placée dans une institution. Souffrant de graves problèmes psychiques, elle n'a pas pris part au procès. Elle avait rompu le contact avec son père en 2019 et déposé plainte contre lui en 2023.

Malgré l'avis de plusieurs experts qui considéraient ses accusations comme crédibles, les juges n'ont pas été convaincus. Les déclarations de la plaignante «sont passées soudain d'un seul abus à un abus par semaine, puis à des abus quotidiens», a commenté la présidente du tribunal. Le doute sur la culpabilité du père de famille a donc prévalu. «Cela ne signifie pas que les abus n'ont jamais été commis», a souligné toutefois la juge.

Cependant, la mère de la plaignante n'avait constaté aucun changement dans le comportement de sa fille au moment des faits incriminés. La jeune femme n'a commencé à évoquer les abus présumés qu'après avoir reçu le diagnostic de trouble posttraumatique. «Il reste incertain que ses récits soient conformes à la réalité», estime la juge.

Dénégations totales de l'accusé

De plus, la Cour a invalidé une partie de l'acte d'accusation, car le père n'était pas présent lorsque la police a interrogé sa fille pour la première fois. Face au tribunal, le sexagénaire a nié en bloc toutes les accusations: «jamais je ne ferais une chose pareille», «ça n'a jamais eu lieu et ne correspond pas à la vérité», avait-il répliqué en qualifiant les reproches d'"absurdité totale».

Membre de la commission scolaire de sa commune, l'accusé avait déclaré qu'il s'était toujours préoccupé du bien de sa fille et que ses reproches avaient représenté un «choc» qui l'a «déstabilisé». Selon lui, les problèmes psychiques de sa fille sont dus probablement au mobbing qu'elle a subi à l'école.

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