Procès à Zurich
Les leaders de «Junge Tat» écopent de la prison avec sursis

A Zurich, deux leaders de Junge Tat, condamnés à un an de prison avec sursis pour incitation à la haine et discrimination. Leurs actions incluaient des perturbations lors d'événements LGBT+. Quatre complices reçoivent des peines pécuniaires.
Les prévenus ont notamment été reconnus coupables d'appel à la haine, de discrimination et d'émeute.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Les deux leaders du groupe d'extrême droite Junge Tat écopent d'un an de prison avec sursis. La justice zurichoise les reconnaît coupables notamment d'appel à la haine, de discrimination et d'émeute. Elle prononce des peines pécuniaires avec sursis contre trois autres membres.

Les faits reprochés remontent aux années 2022 à 2024. Parmi d'autres actions répréhensibles, les accusés ont pénétré à Zurich dans une église où se déroulait une cérémonie religieuse en l'honneur de la Pride. Ils ont alors déposé dans l'église une grande croix avec l'inscription «No Pride Month» («Pas de mois de la Pride»).

Ils ont aussi interrompu une séance de récits de contes pour enfants par des drag queens dans une salle. Les prévenus sont également accusés d'effraction et de violations de la loi sur les explosifs lors d'actions non autorisées sur une grue de chantier à Zurich et sur le toit de la gare centrale de Bâle.

Moins sévère que l'accusation

Dans son jugement rendu vendredi, le Tribunal de district de Zurich n'a suivi qu'en partie le réquisitoire de l'accusation. Le Ministère public réclamait quinze mois de prison dont six mois ferme contre les deux leaders du mouvement, âgés de 23 et 25 ans, ainsi que des peines pécuniaires fermes contre eux. Les juges ont toute même suivi l'accusation sur ce dernier point, en plus de la peine de prison avec sursis.

La défense avait demandé l'acquittement des chefs d'accusation de discrimination, d'appel à la haine et d'atteinte à la liberté de croyance. Elle invoquait la liberté d'expression.

Contrainte, atteinte à la liberté de croyance

Dans le cas de l'interruption de la cérémonie religieuse, l'action agressive de Junge Tat a nié le droit de la communauté LGBT+ de célébrer une cérémonie religieuse chrétienne. Les activistes d'extrême droite ont rabaissé les personnes présentes. Il s'agit donc d'une atteinte à la liberté de croyance et de cultes ainsi que d'un appel à la haine, a conclu le tribunal.

Lors de l'irruption du groupe en pleine lecture de contes pour enfants, Junge Tat avait déployé une banderole avec l'inscription «La famille au lieu de l'idéologie de genre». Dans ce cas, les accusés ont été relaxés du chef d'accusation de discrimination, car le slogan n'était pas lié directement à l'orientation sexuelle d'une personne.

La Cour a tout de même qualifié cette action de «martiale», car elle a effrayé les enfants et les parents présents. Les principaux accusés ont donc été reconnus coupables de contrainte en l'occurrence.

Duo récidiviste

La seule femme parmi les six accusés a été acquittée sur toute la ligne. Les quatre suiveurs des deux leaders écopent de peine pécuniaire avec sursis.

Les deux principaux prévenus étant des récidivistes déjà condamnés dans le passé, le tribunal devait aussi se prononcer sur une éventuelle levée du sursis de leurs précédentes peines. Le délai de mise à l'épreuve étant échu depuis quelques mois, la Cour a dû se contenter de formuler «d'importantes préoccupations sur la bonne conduite future» du duo. Le jugement n'est pas encore entré en force. Il peut faire l'objet d'un appel dans les 30 jours.

Le procès s'était déroulé début septembre. La salle d'audience était alors bien remplie. Outre de nombreux journalistes, des membres de Junge Tat ("Acte jeune") étaient présents, de même que des organisateurs d'évènements perturbés par le groupement d'extrême droite. A l'extérieur, une centaine de personnes s'étaient rassemblées avant l'ouverture du procès pour protester contre l'extrémisme de droite.

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