La vitrine avant du local avait été brisée et un autocollant portant l'inscription «Boycott Apartheid» y avait été collé. En novembre, un café du centre-ville de Berne a été vandalisé. L’établissement appartient à Nicoletta della Valle, 64 ans, ex-directrice de l’Office fédéral de la police. Depuis, le lieu bénéficie d’une présence policière renforcée, révèle le quotidien «Der Bund».
Le mobile semble clair. Le slogan apposé sur la vitrine est couramment utilisé dans des milieux critiques d’Israël. Or, Nicoletta della Valle n’a jamais caché ses positions pro-israéliennes. Sa décision, quelques mois après la fin de son mandat à la tête de Office fédéral de la police, d’accepter un rôle de conseillère auprès de la société d’investissement israélo-suisse Champel Capital avait déjà suscité de vives réactions.
«Les conséquences aveugles d'une idéologie»
Les «incidents, voire les attaques» contre le café-bar Sempre Berna sont «inacceptables et inquiétants», peut-on lire dans une lettre du Conseil municipal de Berne adressée à l'association Suisse-Israël. De telles «situations intolérables» sont la conséquence de la forte émotion suscitée dans le monde entier par le conflit entre Israël et Gaza.
«Le manque de pensée critique et le suivi aveugle d’une idéologie constituent un défi majeur», écrit encore le Conseil municipal. Mais il n'y a pas de place dans la ville de Berne pour des actes et des déclarations qui mettent en danger ou rabaissent les autres. Actuellement, «les communautés israéliennes sont particulièrement touchées».
Le Conseil municipal prend cela au sérieux. La police cantonale est informée et surveille en permanence la situation autour du local. Auparavant, les députés Alain Pichard (Vert'libéraux) et Mathias Müller (UDC), membres du comité de l'Association Suisse-Israël, s'étaient adressés au Conseil municipal. Ils demandaient une protection explicite pour Nicoletta della Valle ainsi que pour le café, présenté comme un projet social.
Un café pas comme les autres
Peu après son départ de Fedpol, Nicoletta della Valle a réalisé un rêve en ouvrant ce café-bar. «Cela fait 30 ans que je parle d'ouvrir un café-bar, maintenant je le fais», avait-elle confié lors de la visite de Blick dans son établissement.
Le lieu ne se limite pas à servir des cafés et des croissants. Si une partie du café propose boissons, en-cas et apéritifs, l’arrière est dédié à un service d’entraide. Jusqu’à trois bénévoles y offrent gratuitement, et sans rendez-vous, une aide pour rédiger des courriers administratifs ou des dossiers de candidature. «Dans ma vie professionnelle, j’ai vu combien de personnes avaient des difficultés avec la lecture et l’écriture», explique-t-elle. Un projet solidaire, désormais placé sous haute surveillance.