Un rapport sur les performances et l’agenda relatif aux F-35 a été passé sous silence aux Etats-Unis. En effet, l’équivalent du Contrôle fédéral des finances américain, le Government Accountability Office, a eu l’interdiction de publier ses analyses sur ces avions de combat que la Suisse a commandés pour plusieurs milliards, selon les affirmations d’une source au sein de l’institution à la RTS. Ce serait la première fois qu’une telle interdiction survient sur ce dossier aux Etats-Unis, précise-t-elle.
Derrière cette interdiction? Le ministère de la Défense américain. Celui-ci a jugé que la publication de ce document pouvait représenter un risque pour la sécurité opérationnelle. Le Pentagone l’a ainsi rangé dans la catégorie des «informations non classifiées soumises à contrôle».
Un avion avec plusieurs problèmes
Interrogé par la RTS, un expert américain en aéronautique et partenaire de défense du programme des F-35 estime que la publication du rapport aurait certainement révélé «de très graves difficultés» du programme et des performances de ces avions de chasse. Les révisions de l’appareil poseraient de vrais challenges: le F-35 aurait tendance à surchauffer, ses systèmes de propulsion et de refroidissement n’étant pas optimaux, tandis que son matériel informatique embarqué peinerait à être modernisé. Une pénurie chronique sur les pièces détachées de ce modèle complique aussi les réparations.
Une autre donnée soulève des interrogations: selon les chiffres de la Cour des comptes, le F-35 ne serait opérationnel que… 44% du temps. A noter qu’au moment où la Suisse a conclu son achat, ce chiffre s’élevait à 67%, soit à peine deux tiers du temps.
Un autre expert sur les F-35, des Forces aériennes suisse cette fois, tempère. Il se montre rassurant, estimant que les risques liés à l’approvisionnement en pièces de rechange ont été anticipés.