Le Conseil des Etats a approuvé jeudi l'ensemble de la partie «stabilisation» des accords avec l'UE. Comme dernière décision dans cette partie, il a accepté sur le fil le crédit d'engagement de 192,6 millions de francs pour la participation suisse à Erasmus+ en 2027.
La décision est tombée par 23 voix contre 19 et 2 abstentions. L'UDC ainsi qu'une partie du PLR et du Centre étaient opposées. «200 millions, c'est trop cher», a lancé Jakob Stark (UDC/TG).
Benedikt Würth (Centre/SG) a aussi avancé des arguments budgétaires, au vu de la situation actuelle tendue des finances fédérales. L'UE serait politiquement irritée, a-t-il concédé. Mais une non-association n'a aucune conséquence juridique.
«Il est naïf de penser que la patience de l'UE face à nos tergiversations ne va pas se tarir», a rétorqué Mathilde Crevoisier Crelier (PS/JU). Le rapporteur de commission Matthias Michel (PLR/ZG) a parlé de cohérence politique et de crédibilité envers l'UE, puisque celle-ci attend que la Suisse participe au programme.
Il a aussi indiqué que l'association à Erasmus+ en 2027 ne mènerait à aucune coupe dans le plan financier dans le domaine Formation, recherche et innovation (FRI). Les partisans ont encore souligné les bénéfices de cette association.
«Compétences importantes»
Une participation à ce programme de l'UE pour l'éducation et la formation est un investissement à long terme dans la formation et l'avenir des jeunes Suisses, a avancé le ministre de la formation Guy Parmelin. Il a mentionné les offres dans les domaines de l'enseignement scolaire et supérieur, de la formation professionnelle et de «jeunesse et sport».
Le conseiller fédéral a également cité l'acquisition de «compétences importantes sur les plans personnel et professionnel ainsi que pour la société». Et de parler d'autonomie, de résilience ou de compétences linguistiques. Au vu des avantages pour la Suisse, «une partie de l'argent nous revient», a appuyé Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU).
Isabelle Chassot (Centre/FR) était dubitative, craignant que les échanges nationaux ne soient prétérités et que l'association à Erasmus+ n'entraîne des coupes dans le domaine FRI. Elle a aussi mentionné que 2027 est la dernière année de la génération actuelle des programmes Erasmus+. Le Conseil fédéral devra de toute façon transmettre un nouveau message pour l'association à partir de 2028.
La Fribourgeoise a cependant dit apporter son soutien au final, ne voulant pas donner de signal négatif à l'UE. Les personnes sceptiques pourront toujours manifester leurs doutes lors des débats sur le prochain message, a commenté Mathilde Crevoisier Crelier.
Encore la partie «développement»
Le Conseil des Etats a ainsi approuvé la stabilisation et l'actualisation des accords Suisse-UE existants, ainsi que leur mise en oeuvre dans la législation nationale. Cette partie «stabilisation» doit être soumise à un vote à la double majorité du peuple et des cantons, ont tranché mercredi les sénateurs.
Ceux-ci ont encore approuvé les trois crédits d'engagement pour la cohésion. Ils poursuivent les débats sur la partie «développement», avec les accords sur la sécurité alimentaire et sur la santé. La discussion sur l'accord sur l'électricité aura lieu ultérieurement, l'examen en commission n'étant pas terminé.