Un chercheur de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a mis au point un capteur solaire thermique pour fournir de la chaleur aux processus industriels. Cette alternative simple et à bas coût doit permettre de remplacer le gaz naturel dans de nombreux secteurs.
Beaucoup de processus industriels, comme la pasteurisation, la teinture ou le séchage, dépendent d'un apport constant de chaleur, explique lundi l'EPFZ. Or, pour atteindre les températures requises, la plupart des usines brûlent encore aujourd'hui du gaz naturel.
Jusqu'à 150 degrés
Luca Thommen, ingénieur et «Pioneer Fellow» à l'EPFZ a développé un nouveau type de capteur solaire thermique. Contrairement aux panneaux photovoltaïques qui produisent de l'électricité, son système convertit la lumière du soleil directement en chaleur.
Des éléments réfléchissants concentrent la lumière sur une plaque absorbante, qui transfère l'énergie thermique à un fluide comme l'air ou l'eau. Cette chaleur peut ensuite être utilisée directement dans les processus industriels, notamment dans les secteurs alimentaire, chimique ou pharmaceutique, qui nécessitent des températures allant jusqu'à 150 degrés.
Une conception économique
La technologie de base n'est pas nouvelle, explique Luca Thommen, cité dans le communiqué. L'innovation de son projet réside dans la réduction drastique des coûts de production. Une grande partie du capteur est constituée de matériaux isolants, légers et peu coûteux. Le métal n'est employé que là où il est indispensable.
Un premier prototype, installé sur le toit d'un bâtiment de l'EPFZ, a déjà prouvé son efficacité en atteignant les températures visées. Le projet a rapidement suscité l'intérêt de l'industrie. Le potentiel de cette technologie est considérable, car elle aiderait les entreprises à réduire leurs émissions de CO2 et à s'affranchir des fluctuations des prix de l'énergie.