En bref
- Près de 45% des personnes interrogées ne pourraient pas maintenir leur niveau de vie plus de trois mois en cas de perte de revenus
- Les jeunes sont particulièrement touchés
- L'augmentation des coûts fixes est la principale source de soucis financiers
Le salaire ne tombe plus, mais les factures continuent de s’accumuler dans la boîte aux lettres. Combien de temps peut-on tenir sans revenu? Selon une nouvelle étude de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW), la moitié des Suisses ne pourrait faire face que quelques mois.
C’est une réalité pour 44,9% des personnes interrogées, dont les réserves financières ne leur permettraient de maintenir leur niveau de vie que pendant trois mois en cas de perte de revenus. Chez les 26-35 ans, cette proportion grimpe à 56,5%. Autre résultat frappant: 15% des sondés ne disposent d’aucune réserve financière pour faire face à un imprévu.
Des résultats surprenants
L’étude montre qu’un revenu à cinq chiffres ne met pas forcément à l’abri. Parmi les ménages qui gagnent au moins 10’000 francs par mois, près d’une personne interrogée sur quatre affirme que ses réserves financières ne lui permettraient de maintenir son niveau de vie que trois mois au maximum en cas de perte de revenus.
Ces résultats peuvent surprendre, tant les Suisses sont réputés pour leur assiduité à épargner. Plus de 82% des personnes interrogées mettent de l’argent de côté, au moins occasionnellement. Mais économiser ne suffit plus forcément: «Epargner régulièrement ne signifie pas encore qu’un ménage est suffisamment préparé à une perte de revenus», souligne Selina Lehner, autrice de l’étude. A l’inverse, 13,2% des sondés n’épargnent pas du tout et 4% dépensent même davantage qu’ils ne gagnent.
Le poids des factures imprévues
Les difficultés financières se font aussi sentir au quotidien. Au cours des douze derniers mois, 23,8% des personnes interrogées ont dû emprunter de l’argent. Cette proportion grimpe à 54,2% chez celles qui disposent de réserves très limitées, soit les personnes qui n’épargnent pas actuellement et ne pourraient maintenir leur niveau de vie que trois mois au maximum. Dans ce même groupe, 68,6% ont rencontré des difficultés à payer leurs impôts au cours des cinq dernières années. A l’échelle de l’ensemble des sondés, près de 30% peinent à régler leur facture fiscale dans les délais.
Et quelles dépenses pèsent le plus lourd sur le budget? Pour 22% des personnes interrogées, ce sont les coûts fixes en hausse, soit les loyers, les primes d’assurance et l'énergie, qui constituent la principale source de préoccupations financières. La crainte de ne pas disposer d’une prévoyance vieillesse suffisante arrive juste derrière. Pour une personne sur dix, ce sont les factures imprévues qui représentent le plus grand souci. «L’augmentation des coûts fixes ne pèse pas seulement une fois sur les ménages, mais mois après mois», souligne Holger Hohgardt, expert à la ZHAW. Avec des réserves limitées, il devient difficile d’absorber les dépenses inattendues.
Pour cette étude, 963 personnes ont été interrogées en juin 2026.