Chute d'une télécabine à Engelberg
La Confédération n'a contrôlé que superficiellement l'installation du drame

Mercredi, une télécabine s'est écrasée sur le Titlis près d'Engelberg, juste au moment où des employés tentaient de sécuriser les cabines en raison d'un vent violent. Selon l'OFT, la remontée concernée n'avait dernièrement pas été contrôlée de manière approfondie.
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Mercredi, une télécabine s'est écrasée sur le Titlis.
Photo: keystone-sda.ch
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Joschka Schaffner

L’enquête ne fait que commencer après le drame d’Engelberg, et de nombreuses questions restent en suspens. Mais peu à peu, les circonstances se précisent. Selon Hans Wicki, président du conseil d’administration des Titlis Bergbahnen, l’accident s’est produit au moment précis où des employés tentaient de décrocher les cabines. 

Cette opération de sécurisation avait été lancée en raison des conditions météo: sur les sommets, des rafales atteignant jusqu’à 100 km/h ont été mesurées. Face à l’accident, l'Office fédéral des transports (OFT), a rappelé les règles en vigueur.

La Confédération contrôle «en fonction des risques»

Selon l'OFT, les normes européennes s'appliquent aux remontées mécaniques suisses: lorsque le vent atteint 60 km/h, l'exploitation doit être interrompue. «En Suisse, la consigne supplémentaire est qu'à partir d'une force de vent de 40 km/h, l'exploitation doit être observée de manière approfondie et, si nécessaire, ralentie», indique l'OFT sur demande. 

Légalement, les entreprises de remontées mécaniques sont responsables de la sécurité de l'exploitation, écrit l'autorité fédérale. L'office fédéral surveille toutefois les entreprises disposant d'une concession fédérale «en fonction des risques et de manière aléatoire».

Cela signifie qu'un audit de surveillance de la sécurité est réalisé au moins tous les cinq ans. «Il s'agit en premier lieu de vérifier si l'organisation, les processus et les moyens auxiliaires sont en place de manière à ce que l'entreprise puisse garantir la sécurité comme le prescrit la loi», écrit l'OFT.

Le chemin de fer concerné n'utilise pas de bornes défectueuses

Des inspections plus ciblées ne sont réalisées que sur certaines installations. Dans le cas des remontées mécaniques du Titlis, cela a été fait pour la dernière fois en 2024 sur une installation «mais pas sur celle où l'accident s'est produit hier».

En 2021, le Service d'enquête suisse sur la sécurité (Sust) avait pointé du doigt des pinces du fabricant Garaventa, susceptibles de mal se fermer et de provoquer des chutes. Comme l'a annoncé le CEO du Titlis Norbert Patt, la pince s'est également détachée de manière inattendue lors de la chute de la cabine près d'Engelberg.

Comme l'indique l'OFT, les pinces du téléphérique concerné ne sont pas du même modèle, elles sont plus modernes. «Entre-temps, les fabricants ont d'ailleurs mis en œuvre des mesures pour le type de borne examiné par le Sust», précise l'office fédéral.

Le Sust devra maintenant examiner dans quelle mesure une défaillance de la force de serrage a tout de même eu lieu au Titlis.

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