Drame de Crans-Montana
Nicolas Féraud accusé de «collusion» avec un ex-élu

Des avocats dénoncent une possible collusion entre le président de la commune de Crans-Montana et un ex-conseiller communal dans l'enquête sur l'incendie du bar qui a coûté 41 vies le 31 décembre 2025.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Plusieurs avocats ont dénoncé mercredi une probable collusion entre le président de Crans-Montana et un ancien conseiller communal, tous deux auditionnés cette semaine dans l'enquête sur l'incendie du «Constellation» qui a fait 41 morts la nuit du nouvel an. Selon plusieurs sources proches du dossier confirmant des informations de la RTS, l'ancien conseiller communal en charge de la sécurité publique entendu mercredi a reconnu devant les magistrats avoir rencontré la veille le président de la commune Nicolas Féraud, lui-même auditionné lundi à Sion - la capitale du canton du Valais. Selon la RTS, une autre rencontre aurait eu lieu le 11 avril.

L'ex-conseiller communal a assuré que l'entretien avait été bref et que le dossier n'avait pas été évoqué, mais cette rencontre, quoique autorisée par la justice à condition que l'affaire ne soit pas abordée, a courroucé plusieurs avocats convaincus d'un fort risque de collusion. «Bien sûr que ça questionne, parce que c'est une visite furtive, c'est une visite en catimini, un huis clos, secrète. Et puis la veille d'une audition, sans doute que ce n'est pas pour parler de la météo», a fustigé devant la presse Me Yaël Hayat, qui représente les copropriétaires du bar incendié, Jacques et Jessica Moretti, principaux mis en cause dans l'affaire.

«On a l'impression qu'ils allaient accorder leurs violons pour nous réciter la même partition (...) c'est dommage parce qu'on a l'impression que plus le temps passe, plus ces personnes ont le temps de se préparer», a regretté de son côté Didier Elsig, avocat des parties civiles. L'édile et l'ancien conseiller communal (2021-2024) font partie des neuf personnes placées sous investigation pénale dans l'enquête sur le drame qui a fait 41 morts et 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes qui passaient le réveillon Saint-Sylvestre dans la station de ski suisse.

«Dévoiement de la vérité au profit d'une stratégie»

Le lendemain du drame, la commune avait reconnu l'absence de contrôles sécurité et incendie dans le bar depuis 2019, alors qu'ils doivent être effectués tous les ans. Mais lundi, le président de la commune a écarté toute responsabilité en assurant devant les magistrats ne pas avoir été alerté de ces absences de contrôles, se bornant à assurer qu'il avait donné les moyens nécessaires à ses services.

Mercredi, Christian Delaloye, avocat de Nicolas Féraud, a affirmé que la rencontre de son client avec l'ancien conseiller communal n'était pas survenue «dans un esprit de cacher des choses, de transformer les faits». «On assiste malheureusement de la part des prévenus à un certain dévoiement de la vérité au profit d'une seule stratégie: minimiser les responsabilités pour permettre à une petite catégorie de personnes de conserver leur poste à la commune, et ce quoi qu'il en coûte», a rétorqué pour les parties civiles l'avocat Christophe de Galembert.

L'audition de mercredi était la dernière d'une troisième vague d'interrogatoires menés depuis l'ouverture d'une enquête pointée du doigt pour sa lenteur par de nombreux défenseurs des parties civiles.

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