Les réactions fusent
La potentielle enquête contre les secouristes de Crans-Montana sème la confusion

Après l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, les secours pourraient être visés par une enquête. Des avocats dénoncent des manques et des erreurs, tandis que les réactions restent partagées.
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L'enquête sur l'incendie de Crans-Montana s'intéresse désormais à la responsabilité des secours.
Photo: DR
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Martin Meul

Nouvelle secousse dans le drame de Crans-Montana. Jusqu'ici, les forces d’intervention de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) étaient perçues comme des héros qui ont tout fait pour venir en aide aux victimes du tragique incendie.

Mais une enquête pénale aurait été ouverte par le Ministère public valaisan et pourrait désormais viser les secouristes. L'information, révélée par le journal italien «La Stampa», suscite de vives réactions.

Lourdes accusations

La pression vient d’Italie. L’avocat des victimes Fabrizio Ventimiglia, qui représente la famille d’une adolescente de 15 ans blessée, dénonce de graves manquements. Selon lui, du matériel essentiel aurait fait défaut, comme des brancards, des couvertures de survie ou des bouteilles d’oxygène disponibles immédiatement.

Ces carences auraient pu aggraver l’état de certaines victimes. L’avocat évoque aussi des erreurs dans l’évaluation des blessures. Un avocat suisse explique à Blick qu’«il est possible que la gravité des brûlures ait été mal évaluée. Une forte chaleur peut provoquer de graves lésions nerveuses sans signes visibles sur la peau». Certains blessés auraient ainsi été mal triés et pris en charge tardivement, avec des retards pouvant atteindre quatre heures.

Des avis partagés

Le Ministère public valaisan aurait ouvert une procédure distincte contre les secouristes, sans confirmation officielle à ce stade. L’hypothèse divise. 

Un autre avocat suisse des victimes affirme à Blick qu’il «n’a aucune plainte à formuler contre les sauveteurs, qui ont travaillé de manière extraordinairement efficace».

L'OCVS dément

Jeudi, l’OCVS, dirigée par Fredy-Michel Roten, a réagi à ces accusations. «A ce stade, nous n’avons pas connaissance d’une plainte déposée contre notre organisation», indique-t-elle. 

«Ce dispositif prévoit un renforcement progressif des moyens d’intervention afin d’adapter en permanence la réponse à une situation évolutive. Cela a été mis en œuvre de manière consciencieuse et méthodique sur le terrain. La gestion de l’événement s’est appuyée sur des forces compétentes et des procédures éprouvées.» Par respect pour les victimes et les intervenants, elle ne souhaite pas commenter davantage.

«Un événement extrême»

De son côté, l’association professionnelle des ambulanciers et des secouristes Swiss Paramedic Association reste prudente et ne commente pas en détail ces nouvelles déclarations contre l'OCVS. Un porte-parole souligne malgré tout qu’en Suisse, «le niveau de préparation, de formation et d’entraînement est élevé pour faire face à des événements majeurs.» 

«Les organisations de sauvetage se préparent le mieux possible à de telles interventions». Il rappelle toutefois que «Crans-Montana a été un événement exceptionnel et extrême à tous les niveaux».

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