Nouveau commandant de la police cantonale valaisanne, Frédéric Gisler a connu une entrée en fonction accélérée avec le drame de Crans-Montana. Après trois mois sans s'exprimer sur le dossier, l'homme est sorti d'une période de silence qu'il s'était imposée.
Successeur de Christian Varone, le 1er janvier, Frédéric Gisler a dû gérer l'incendie du «Constellation», 1h30 seulement après son entrée en fonction. «Sur le moment, ce fut l'incompréhension. Même si on m'expliquait ce qui se passait, j'avais l'impression que la situation était irréelle», avoue-t-il, dans une interview accordée à Keystone-ATS.
«Ce fut le début d'une période extrêmement lourde émotionnellement. Pas seulement pour moi, mais aussi pour les victimes, leurs familles, tous les premiers intervenants et pour mon personnel qui s'est engagé sans compter pour gérer au mieux la crise. La situation a été difficile à vivre, lorsque l'on doit être un commandant qui amène son personnel à remplir des missions en sachant que demain, ils n'en reviendront pas indemnes. Je ne pensais pas devoir supporter une telle responsabilité», poursuit-il.
Un homme introverti
A la suite de l'incendie, Frédéric Gisler a demandé davantage de postes de travail au chef du Département de la sécurité, des institutions et du sport, Stéphane Ganzer. Sa demande est en cours de traitement.
Lors des trois conférences de presse des 1er et 2 janvier suivant directement le drame de Crans-Montana, l'ancien procureur du Canton du Valais – durant 15 ans – était apparu très réservé par rapport, par exemple, au président du gouvernement cantonal Mathias Reynard. «Il est évident que les expériences professionnelles vécues avant ma charge actuelle influencent aussi la personne que je suis devenu», souligne-t-il.
L'importance de rester calme
Et d'étayer ses dires: «Le 1er janvier, je me suis remémoré mon premier emploi de policier, notamment lorsque j'étais chef d'engagement dans une unité spécialisée de la police cantonale vaudoise. J'y avais appris que, lorsque la pression monte, il faut conduire avec calme y compris au niveau du ton de sa voix. Cela à un impact considérable sur toute la chaîne de commandement.»
Depuis cette série de conférences de presse, Frédéric Gisler a fait le choix de ne plus répondre aux sollicitations médiatiques. Une stratégie qu'il assume pleinement. «Effectivement, j'aurais pu continuer de m'exprimer dans la presse. Toutefois, dès le 10 janvier, soit le jour suivant la journée de deuil national, j'ai pris la décision de ne plus communiquer au nom de la police cantonale, afin de laisser place au silence pour permettre aux personnes touchées par le drame de se relever.»
Dispositif réarticulé
Le 12 février, les forces de l'ordre avaient été dépassées en amont de l'audition de Jessica Moretti au campus Energypolis à Sion. Celle-ci, tout comme son mari Jacques, avait été prise à partie par des proches de victimes.
«Cette scène n'aurait jamais dû se produire, avoue Frédéric Gisler. Je rappelle toutefois que le couple Moretti est sorti de son propre chef du dispositif sécuritaire prévu afin de rencontrer les familles. Depuis lors, nous avons réarticulé notre fonctionnement.