Les traumatismes psychologiques ne comptent pas
Au moins sept rescapés de l'incendie de Crans-Montana sont privés d'aide financière

Au moins sept survivants de l'incendie de Crans-Montana ne reçoivent aucune aide immédiate du Valais, car ils n'ont pas passé une nuit à l'hôpital. Les conséquences psychologiques ne font pas partie des critères définis.
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Au moins sept victimes de l'incendie de Crans-Montana ne reçoivent aucune aide immédiate du canton du Valais.
Photo: keystone-sda.ch

En bref

  • Le canton du Valais a refusé une aide financière immédiate à sept victimes de l'incendie de Crans-Montana
  • Les personnes concernées n'ont pas passé une nuit à l'hôpital. Les traumatismes psychologiques n'ont pas été considérés comme un critère suffisant
  • 127 victimes ou proches ont reçu une aide immédiate, les refus peuvent être contestés auprès du Conseil d'Etat
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Mattia Jutzeler

Une aide immédiate de 10'000 francs et une contribution de solidarité de la Confédération de 50'000 francs: en principe, les victimes de l'incendie de Crans-Montana ont droit à ces deux prestations. Mais ces derniers mois, le canton du Valais a informé plusieurs survivants de la catastrophe qu'ils ne bénéficieront pas de ces aides financières.

Selon «24 Heures», sept personnes sont concernées. Elles présentent la même particularité: aucune n'a été hospitalisée la nuit du drame. Leurs blessures n'ont pas été considérées comme suffisamment graves pour nécessiter une prise en charge à l'hôpital. Quant aux traumatismes psychologiques, ils n'ont pas été pris en compte dans l'attribution des aides.

Stress post-traumatique

Camille C.* fait partie de ces victimes mises de côté. Elle est la meilleure amie de Cyane, la serveuse française décédée dans le bar. Cet été déjà, la jeune femme apprenait qu'elle ne recevrait aucun soutien financier de la part du Canton.

La nuit du drame, Camille a été brûlée à la main. Mais ses blessures physiques sont loin d'être les seules séquelles de cette nuit. La jeune femme a dû assister, impuissante, aux tentatives de réanimation des ambulanciers envers son amie, qui est finalement décédée sur un trottoir.

Camille se bat désormais contre un stress post-traumatique et des troubles du sommeil. Tout comme d'autres victimes dont la demande d'aide financière immédiate a été balayée par les autorités cantonales

Un possible recours auprès du Conseil d'Etat

Les répercussions psychologiques du drame ne figurent pas parmi les critères retenus par le canton du Valais pour l'octroi d'une aide immédiate. Le Service de la santé a confirmé à «24 Heures» les sept refus d'indemnisation.

L'autorité a néanmoins précisé que 127 victimes ou proches ont déjà bénéficié d'une aide immédiate ou en recevront une. Les personnes déboutées peuvent encore faire recours auprès du Conseil d'Etat valaisan. D'autres formes de soutien restent par ailleurs accessibles, notamment le remboursement des frais liés à un suivi psychologique.

* Nom connu

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