8 candidats au coude à coude
La course a l'élection est ouverte, qui succèdera à Guy Parmelin?

Le conseiller fédéral Guy Parmelin démissionne. La recherche de son successeur est lancée, voici les noms qui circulent.
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Guy Parmelin tire sa révérence!
Photo: PETER SCHNEIDER
Tobias Bruggmann, Sven Altermatt, Simone Steiner, Lucien Fluri, Joschka Schaffner et Lucie Fehlbaum

C'est désormais chose faite: le conseiller fédéral Guy Parmelin a annoncé sa démission. La course à sa succession est donc lancée, un sujet longtemps resté tabou au sein du parti. Pas plus tard que cet été, rares étaient les membres de l’Union démocratique du centre (UDC) qui souhaitaient évoquer l’après-Parmelin. De nombreuses personnes ont accepté de s'exprimer auprès de Blick seulement à titre officieux et plusieurs sources se sont même rétractées.

Le successeur de Guy Parmelin ne sera élu qu'en décembre. Toutefois, sauf surprise, le choix des candidats potentiels se dessine déjà assez clairement, notamment grâce à deux facteurs qui devraient influencer de manière décisive cette élection.

Premier facteur: la question des femmes. L’UDC est le seul grand parti à n’avoir jamais eu de femme au Conseil fédéral. Une seule fois, le nom d’une femme est apparu sur une liste de candidats, celui de la Zurichoise Rita Fuhrer en 2000, il y a un quart de siècle. La Grisonne Eveline Widmer-Schlumpf a été exclue du parti en 2007 après avoir accepté son élection au détriment de Christoph Blocher (son successeur fut plus tard Guy Parmelin).

Second facteur: la question romande. Le siège de Guy Parmelin restera-t-il en Suisse romande? La «représentation adéquate des régions linguistiques» reste importante lors des élections au Conseil fédéral. Mais comparé à la Suisse alémanique, le vivier UDC en Suisse romande est plutôt mince. Quant à savoir si le parti se sent investi d'une responsabilité dans ce domaine, c'est une autre question.

Esther Friedli

La conseillère aux Etats saint-galloise Esther Friedli fait partie des grandes favorites pour succéder à Guy Parmelin. Esther Friedli est considérée par ses collègues de parti comme une politicienne compétente, appréciée dans tous les camps. Politologue de formation, elle est depuis de nombreuses années en couple avec l’ancien chef de l’UDC Toni Brunner. Ensemble, ils tiennent une auberge de campagne dans le Toggenburg, la «Maison de la Liberté», considérée comme le centre de pouvoir secret de l’UDC. Toutefois, elle ne possède pas le charisme oratoire de Toni Brunner, et manque également d’expérience exécutive.

Esther Friedli.
Photo: Alessandro della Valle

De plus, si le choix se porte sur Esther Friedli, le canton de Saint-Gall risquerait d'être surreprésenté avec la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter (PLR). Mais le conseiller national Mike Egger, affirme que cette situation ne serait pas un obstacle, comme il l'a déjà affirmé cet été: «Ce qui compte, c’est la compétence de la personne, et non la question du canton.»

Nathalie Rickli

Outre Esther Friedli, Nathalie Rickli est depuis longtemps l'un des noms les plus fréquemment cités. Considérée comme l'étoile montante de l'UDC, elle a été élue au Conseil national très jeune et siège au Conseil d’Etat zurichois depuis 2019. Cette position lui confère une solide expérience de direction. Habituée des médias et connue dans toute la Suisse, Nathalie Rickli a géré la crise du COVID-19 en tant que directrice de la santé à Zurich. Cependant, son département a récemment rencontré des difficultés dans l'enquête sur le scandale de l'hôpital zurichois.

Nathalie Rickli.
Photo: Walter Bieri

Son parcours joue en sa faveur: Zurich, de loin le plus grand canton, n’est pas représenté au Conseil fédéral depuis plusieurs années. Cependant, le timing pourrait jouer contre Nathalie Rickli, car elle compte se représenter au Conseil d’Etat zurichois en avril 2027. Peut-elle mener une campagne crédible au Conseil fédéral si tôt, au risque d’une défaite cuisante? Ou bien misera-t-elle tout sur le Conseil fédéral, au risque de se retrouver sans mandat?

Céline Amaudruz

En Suisse romande, un nom en particulier revient sur le tapis: celui de la vice-présidente de l’UDC genevoise et conseillère nationale Céline Amaudruz. «La question d’une candidature ne se posera que si Guy Parmelin démissionne», avait-elle déclaré cet été à Blick. Aujourd'hui, l’heure est désormais aux remerciements et à la réflexion pour l'élue genevois. «Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Parmelin pour tout ce qu’il a accompli et à saluer son engagement au service de notre pays, dit-elle à Blick à la suite de la démission du conseiller fédéral. Maintenant que la question se pose, je souhaite prendre le temps nécessaire pour réfléchir sereinement et en discuter avec ma famille, mon employeur et mon parti.»

Céline Amaudruz.
Photo: ANTHONY ANEX

Céline Amaudruz siège au Conseil national depuis 2011 et fait ainsi partie des membres les plus expérimentés du parti. Bien connue en Suisse romande, elle bénéficie d'un excellent réseau et adhère généralement à la ligne officielle de l'UDC.

En même temps, elle a su conserver une certaine indépendance sur les questions de société, mais c’est précisément ce qui pourrait lui porter préjudice. Par le passé, Céline Amaudruz a irrité des collègues de parti par des votes divergents au Parlement, notamment sur les questions relatives aux femmes.

Céline Amaudruz, juriste de formation et gestionnaire de fortune, est également considérée comme une femme d’affaires. Elle est aujourd’hui directrice dans une banque genevoise. De plus, elle préside le conseil d’administration du groupe meunier GMSA. D'ailleurs, ce mandat a récemment fait les gros titres: Céline Amaudruz a demandé au Parlement un soutien accru aux légumineuses locales, soutien dont le groupe pourrait également bénéficier.

Thomas Aeschi

Des candidats masculins de l'UDC en Suisse alémanique ont également été évoqués comme successeurs potentiels. Au premier rang desquels figure Thomas Aeschi, chef du groupe parlementaire.

Thomas Aeschi.
Photo: KEYSTONE/Peter Schneider

Ce consultant zougois compte parmi les politiciens les plus influents de son parti et, en tant que chef de groupe de longue date, dispose d’un vaste réseau au Palais fédéral. Une candidature au Conseil fédéral ne serait pas une première pour lui: déjà en 2015, il s’était présenté pour succéder à Eveline Widmer-Schlumpf, mais Guy Parmelin avait été élu. Mais Thomas Aeschi se distingue par une ligne politique dure. Il est donc controversé non seulement à gauche, mais aussi chez les partenaires bourgeois du PLR et du Centre.

Magdalena Martullo-Blocher

La conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher est aussi considérée comme une candidate potentielle au Conseil fédéral. A la tête du groupe EMS, elle est une figure de poids à Berne.

Magdalena Martullo-Blocher.
Photo: Claudio Thoma

Résidante du canton de Zurich, Magdalena Martullo-Blocher représente les Grisons au Conseil national depuis 2015. Au sein du parti, elle est l'une des voix les plus influentes sur les questions économiques et européennes, et défend la ligne du parti avec fermeté. Mais elle a la réputation d'être peu encline au compromis, ce qui pourrait constituer un obstacle lors d'une élection au Conseil fédéral.

Thomas Matter

Le nom du conseiller national zurichois Thomas Matter est également mentionné. Entrepreneur et ancien banquier, il siège au Conseil national depuis 2014 et appartient à l'influent courant zurichois de l'UDC. Au sein du parti, Thomas Matter s'est surtout distingué comme spécialiste des questions financières. Il est également connu du grand public pour ses interventions incisives, voire provocatrices.

Thomas Matter.
Photo: Keystone

Un argument en faveur de Thomas Matter pourrait être que Zurich n'est actuellement pas représenté au Conseil fédéral. Toutefois, la question de sa capacité à obtenir une majorité au Parlement demeure: sa ligne UDC très affirmée pourrait rendre difficile l'obtention des voix nécessaires en dehors de son propre groupe.

Nicolas Kolly

Parmi les candidats en lice pour le pouvoir en Suisse romande figure Nicolas Kolly, conseiller national fribourgeois. «C'est le moment de prendre acte de l'annonce du conseiller fédéral Parmelin en le remerciant pour son excellent engagement pour le pays, témoigne l'élu à Blick. Les questions de sa succession se poseront ces prochaines semaines. De mon point de vue, ce siège devrait revenir à une candidature UDC romande.» Le Fribourgeois communiquera sa décision ultérieurement.

Nicolas Kolly.
Photo: Alessandro della Valle

Nicolas Kolly est avocat et siège au Conseil national depuis 2023. Auparavant, il a siégé de nombreuses années au Grand Conseil fribourgeois, où il a également dirigé le groupe UDC. Ce Fribourgeois bilingue fait partie de la jeune génération du parti, mais il est encore peu connu au niveau national et son expérience politique fédérale reste limitée.

Yvan Pahud

Autre candidat potentiel romand: le conseiller national vaudois Yvan Pahud, lui aussi peu connu au niveau national. Ce vendredi 2 octobre, il l'affirme: «La fonction m’intéresse, mais à ce stade je dois vraiment réfléchir.»

Forestier de formation et entrepreneur, il siège également au Conseil national depuis 2023, après avoir été président de la commune de Sainte-Croix (VD) et député au Grand Conseil vaudois. Sur le plan politique, il se distingue notamment par son engagement sur les questions rurales.

Yvan Pahud.
Photo: ANTHONY ANEX

Le principal atout d'Yvan Pahud réside dans ses origines. Grâce à lui, l'UDC pourrait non seulement conserver son siège en Suisse romande, mais aussi assurer la succession du Vaudois Guy Parmelin.

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