Les services de la navigation aérienne sous pression
Peter Merz, PDG de Skyguide, ordonne le gel des embauches

Skyguide, le prestataire de services de navigation aérienne public, est confronté à des difficultés financières. Son nouveau PDG, Peter Merz, ordonne un gel des embauches et des acquisitions.
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Peter Merz est passé des Forces aériennes à Skyguide. Il vient d'ordonner un gel des embauches.
Photo: Zvg
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Raphael Rauch

La société de contrôle aérien Skyguide reste un véritable un gouffre financier. Depuis peu, l'entreprise privée mandatée par la Confédération est dirigée par l'ancien chef des Forces aériennes, Peter Merz. Ce dernier a hérité de nombreux problèmes de son prédécesseur Alex Bristol.

Les revenus que Skyguide générera cette année et l'année prochaine restent incertains. L'autorité européenne compétente a jusqu'à présent refusé les augmentations de redevances demandées par la société suisse. Bruxelles estime que Skyguide est beaucoup trop inefficace. Aucune décision ne devrait être prise avant le printemps 2026.

Selon les recherches de Blick, Peter Merz a décidé de prendre le taureau par les cornes avec des mesures drastiques. Le nouveau dirigeant a ainsi ordonné un gel des embauches et des acquisitions. Dans une vidéo diffusée sur l'intranet de l'entreprise, il a annoncé au personnel que des temps difficiles allaient arriver. Le message de la vidéo est clair: «Change is never easy» (le changement n'est jamais facile).

Création d'une taskforce interne

Le porte-parole de Skyguide Vladi Barrosa confirme à Blick: «Les postes vacants ne sont pourvus qu'une fois les entretiens terminés. En outre, nous renonçons à faire appel à de nouvelles ressources externes jusqu'à ce qu'un plan visant à garantir le budget 2026 soit en place et approuvé par le Conseil d'administration.»

Pour ce faire, Peter Merz a créé une taskforce interne. Selon la vidéo, il renonce à faire appel à des consultants externes, car il est convaincu que les meilleures solutions en matière d'efficacité viennent du personnel.

Toujours selon les informations de Blick, Peter Merz veut également réduire la taille du conseil d'administration, revenant ainsi sur une décision de son prédécesseur qui l'avait élargi. Skyguide ne veut ni confirmer ni infirmer cette information: «Une telle décision n'a pas été prise à ce jour», se contente de déclarer la société.

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Le conseil d'administration a renvoyé le budget soumis pour 2026 à la direction pour qu'elle le retravaille
Vladi Barrosa, porte-parole de Skyguide
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Le Parlement s'inquiète

Le Conseil d'administration de Skyguide fait également pression pour assainir les chiffres. «Le conseil d'administration a renvoyé le budget soumis pour 2026 à la direction pour qu'elle le retravaille», confirme Skyguide. 

La semaine dernière, les services de la navigation aérienne ont par ailleurs fait l'objet d'un vif débat au Parlement. «La Délégation des finances demande à la Confédération de veiller à ce que Skyguide renforce ses efforts pour améliorer l'efficacité des coûts, sans toutefois mettre en danger la sécurité du trafic aérien», fait savoir la Délégation des finances.

Les parlementaires attendent de Skyguide qu'elle rembourse un prêt Covid «comme convenu jusqu'en 2031». En cas de mesures d'économie, il faudrait éviter que les compagnies aériennes ne se rabattent sur d'autres aéroports à l'étranger.

Bristol continue de percevoir un salaire princier

Le rôle actuel d'Alex Bristol n'est toutefois pas clair. Dans un podcast diffusé mi-octobre, il avait annoncé se retirer complètement de Skyguide d'ici à Nouvel An, ajoutant réfléchir à son avenir professionnel début 2026.

Il est pourtant encore employé par Skyguide jusqu'en juillet 2026. A ce titre, il percevra 415'000 francs durant cette période. Une situation qui fait bondir le conseiller fédéral Albert Rösti. Le ministre des Transports a ainsi ordonné qu'Alex Bristol continue d'assumer des tâches pour Skyguide tant qu'il est employé et payé par les services de la navigation aérienne.

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