L'heure est grave. C'est du moins ce que laisse transparaitre le Conseil fédéral à travers sa nouvelle stratégie en matière de politique de sécurité. La guerre continue de sévir en Europe. Le Proche-Orient est une poudrière. Et le président américain Donald Trump a récemment ajouté à l'insécurité avec son attaque contre le Venezuela.
Dans ce contexte, la Suisse s'équipe également, dans une volonté retrouver sa capacité de défense. Mais pour atteindre ce but, il ne suffit pas de posséder des avions de combat et des chars. Le Conseil fédéral veut sensibiliser l'ensemble de la population à la menace. Il déclare notamment que: «Les acteurs concernés ainsi que la population sont disposés à protéger et défendre la Suisse par tous les moyens possibles.».
La société doit devenir plus résistante
Le ministre de la Défense Martin Pfister souhaite par conséquent inculquer sa politique de sécurité à la population dès le plus jeune âge. Lors de la présentation de la nouvelle stratégie, il a annoncé son intention de faire réviser les programmes scolaires. Il est selon lui particulièrement important pour les jeunes d'apprendre à gérer la désinformation sur les réseaux sociaux, la société doit devenir plus résistante.
Mais ce n'est pas tout. En collaboration avec la Haute école pédagogique de Lucerne et les directeurs cantonaux de l'instruction publique, l'armée a spécialement élaboré un nouveau support pédagogique. Le public cible sont les élèves et les apprentis âgés de 15 à 19 ans. L'objectif visé est de sensibiliser davantage cette catégorie d'âge aux menaces et d'accroître la capacité d'action ainsi que la solidarité de la population dans les situations d'urgence.
Existe-t-il un droit à la sécurité? Quelle est son étendue? Comment la sécurité doit-elle être établie et maintenue? Telles sont certaines des questions posées par le support pédagogique «Wir sicher sind wier? (Dans quelle mesure sommes-nous en sécurité?) auxquelles les élèves sont invités à répondre, seuls ou en groupe. Ces derniers sont également invités à réfléchir à la contribution qu'ils apportent à la sécurité de leur pays.
Les estimations de la Confédération au premier plan
Le Département de la défense soutient que les jeunes doivent découvrir les multiples défis que pose la politique de sécurité suisse, à travers différentes perspectives. Mais naturellement, ce sont les estimations de la Confédération qui sont placées au premier plan, notamment concernant le danger que représente la Russie pour la Suisse.
Elle se réfère ainsi à une étude de l'EPF datant de 2024, selon laquelle l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 aurait entraîné une baisse du sentiment de sécurité en Suisse. Il est également souligné que depuis 2022, les personnes interrogées reconnaissent davantage la nécessité de l'armée suisse. Il est évident que de telles remarques influencent l'évaluation des élèves.
Certes, le matériel pédagogique est formulé de la manière la plus neutre possible. Il n'en reste pas moins une plateforme publicitaire pour l'armée ou la protection de la population, à l'instar des projets de journée d'orientation obligatoire grâce à laquelle le Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) souhaite attirer davantage de femmes au sein l'armée.
Le matériel pédagogique est disponible en ligne ou sous forme de brochure imprimée de 88 pages. Conçu de forme multimédia, il comprend des exercices, des éléments audio et des vidéo.
A cela s'ajoute un module historique qui retrace l'histoire et le développement de la politique de sécurité suisse, ainsi qu'un module politique qui aborde des questions d'actualité en matière de politique de sécurité et vise à aider les jeunes à se forger une opinion.L e Département fédéral de la défense souligne que les écoles, les enseignants et les cantons sont libres d'utiliser ce matériel ou des parties de celui-ci, sous une forme appropriée.