«Beaucoup d'émotions»
Le livret de service passe au numérique le 1er juin

Le livret de service militaire suisse devient numérique dès le 1er juin, mettant un terme à plus de 150 ans d'existence physique. Cette transition digitale concerne tous les militaires et vise des économies de plusieurs millions de francs.
Le livret de service passe au numérique le 1er juin. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
sda-logo.jpeg
ATS Agence télégraphique suisse

Après plus de 150 ans d'existence physique, le livret de service passe au numérique dès le 1er juin. Les informations pertinentes figureront désormais dans les gestionnaires de service respectifs de l'armée et de la protection civile.

«Nous faisons aujourd'hui nos adieux au livret de service, ce qui suscite beaucoup d'émotions», a déclaré mardi David Marquis, chef de la communication du Commandement de l'instruction de l'armée suisse, devant les médias à Berne. Ce remplacement touchera surtout les plus anciens, selon Markus Rihs, chef du personnel de l'armée.

Pour la plupart des jeunes, cette mesure était sans doute attendue depuis longtemps. Tous les militaires sont concernés par le changement. Environ 40'000 exemplaires du livret de service étaient imprimés chaque année. Les informations qui figuraient dans le livret de service seront transférées. Le gestionnaire de service permettra aussi aux militaires de trouver des informations sur leur carrière militaire, les services accomplis et les jours restants.

Ils pourront également visionner leurs données personnelles et effectuer certains processus administratifs par voie électronique. Les responsables ont relevé que les ordres de marche, les reports de service ou encore les demandes de congé ont déjà fait leurs preuves sous forme numérique au cours des dernières années.

Comparer ses données

Début juin, tous les militaires recevront par la poste un extrait de leurs données de service personnelles. Chacun pourra comparer les données de cet extrait avec celles du livret de service physique et signaler toute éventuelle divergence. Le livret de service physique ne sera plus complété ni réédité. Mais il continuera à faire foi pour tous les services effectués jusqu'à cette date. C'est pourquoi il doit être conservé jusqu'à la libération de l'obligation de servir.

Une attestation de l'accomplissement des obligations militaires sera téléchargeable afin de prouver que l'ensemble des jours de service ont été accomplis. Depuis 2023, toutes les données sont enregistrées en parallèle aussi numériquement.

Aucune obligation

Il n'existe aucune obligation de passer au numérique. Les militaires qui ne souhaitent pas utiliser le gestionnaire de service pourront toujours présenter des demandes de manière analogique et obtenir les documents écrits correspondants, à l'exception du livret de service. Mais «avec un léger retard», a précisé Markus Rihs. Selon l'armée, plus de 170'000 personnes utilisent déjà la nouvelle plateforme. Seules 388 ont jusqu'à présent refusé le passage au numérique.

L'armée espère que la numérisation lui permettra de réaliser des économies de plusieurs millions de francs et de contribuer à la protection de l'environnement. Elle pense surtout aux frais de port et d'impression liés aux ordres de marche, actuellement envoyés par courrier. La nouvelle plateforme semble fonctionner sans problème. La sécurité des données est garantie, selon Markus Rihs. La connexion s'effectue via AGOV, le service d'authentification des autorités suisses.

Le livret de service bleu de la protection civile sera, lui aussi, remplacé. Il fonctionnera sur le même principe que le livret de service de l'armée et doit donc aussi être conservé jusqu'à la libération de l'obligation de servir dans la protection civile.

Le gestionnaire de service de la protection civile se trouve en phase-pilote depuis mi-février. Plus de 4100 personnes l'utilisent déjà. Cette plateforme est centralisée, sécurisée et facile à comprendre, a estimé Philippe Jungo, chef de la protection civile à l'Office fédéral de la protection de la population. Le livret de service sert à administrer le parcours des astreints et à prouver leurs services accomplis. Sa numérisation vient d'une impulsion donnée par le Parlement en 2018.

Articles les plus lus