Tendance en forte hausse
Celui qui s'endort est «réveillé en douceur»: les aides aux examens des apprentis vivement critiquées

Le conseiller national UDC Christian Imark a interpellé le Conseil fédéral sur la hausse des compensations des désavantages lors des examens finaux d’apprentissage. Les chiffres montrent de fortes disparités cantonales, de 3,4% à Saint-Gall à 13,1% dans le canton de Vaud.
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Lors de l'examen final d'apprentissage, des compensations des désavantages peuvent être approuvées. (Photo symbolique)
Photo: Maskot

En bref

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  • Un conseiller national UDC critique la hausse des compensations des désavantages lors des examens finaux d'apprentissage en Suisse
  • Dans le canton de Vaud, la part de ces compensations est passée de 8% (2019) à 13,1% (2024)
  • Les Vert-e-s soulignent les obstacles élevés: une compensation des désavantages nécessite des heures d'évaluations
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Tobias Bruggmann

Trois ans d'apprentissage résumés en quelques heures: les examens finaux sont synonymes de stress et de nervosité pour de nombreux apprentis. Une pression qui peut être encore plus lourde pour les jeunes en situation de handicap.

Pour les aider, il existe la compensation des désavantages. Selon leur handicap, ils bénéficient par exemple de temps supplémentaire, de soutien pour lire les consignes ou encore de salle aménagée. Mais ce système est désormais sous le feu des critiques.

Le conseiller national UDC Christian Imark a adressé plusieurs questions et critiques au Conseil fédéral. Il s’inquiète notamment de la forte hausse, selon lui, du nombre de compensations des désavantages accordées.

«Dans le canton de Bâle-Campagne, la part des compensations des désavantages lors des examens finaux d'apprentissage est passée de 2,7 à 7,7% en six ans», rapporte Christian Imark. La branche elle-même l'aurait alerté sur ce problème. «Cette hausse est préoccupante. Je soupçonne que l'on se facilite les choses et que la compensation des désavantages soit accordée à la légère», déclare le député UDC.

Réveil en douceur

Dans son intervention, Christian Imark décrit un cas particulier: lorsqu'une candidate au bénéfice d'une compensation des désavantages s'endort brièvement pendant un examen, elle doit être «réveillée en douceur» au bout d'une dizaine de minutes.

Christian Imark va jusqu'à nommer des «méthodes d'adoucissement». «Pour de nombreuses entreprises, il faut que les collaborateurs soient capables de travailler sous pression. Si les apprentis sont soulagés grâce à une compensation des désavantages, cela ne peut plus être vérifié.» Pour lui, le dispositif reste «judicieux» pour les personnes confrontées à des souffrances spécifiques, mais comporte un risque d’abus.

De grandes différences intercantonales

Blick a interrogé d'autres cantons, et les réponses étonnent tant les différences sont considérables. Dans le canton de Vaud, 13,1% des apprentis ont bénéficié en 2024 d'une compensation des désavantages lors de l'examen final d'apprentissage, contre 8% en 2019.

Dans le canton de Genève, le taux s'élevait à 8,4% en 2026, contre environ 7% un an auparavant. Cette hausse s'expliquerait notamment par l'amélioration des procédures permettant d'identifier les besoins des apprentis.

La situation dans le canton de Saint-Gall est tout autre. En 2024, les compensations des désavantages ne concernaient que 3,4% des apprentis, contre 4,2% lors des examens finaux de 2026. A Lucerne aussi, le taux a légèrement progressé en 2026, atteignant 4,93%, contre une moyenne de 3,9% les années précédentes. Impossible toutefois de voir déjà une tendance se dessiner. Le canton rappelle par ailleurs qu’«environ 95% de tous les apprentis accomplissent leur procédure de qualification sans compensation des désavantages».

Le canton de Berne se situe à peu près dans la moyenne, avec 6,2% en 2024 contre 7,4% un an plus tard. Dans le canton de Zurich, le taux était de 6,5% cette année-là. «La part des compensations des désavantages a augmenté de 2,9% au cours des six dernières années.»

Dans le canton d’Argovie, le taux reste stable depuis 2023, oscillant entre 3,8 et 4%. L’évolution fait néanmoins l’objet d’une surveillance attentive. «Il s’agit de garantir une application uniforme et de limiter les risques d’abus», explique une porte-parole du Département argovien de l’éducation.

Les obstacles sont élevés

Selon la conseillère nationale zurichoise des Vert-e-s Manuela Weichelt, les obstacles à l'obtention d'une compensation des désavantages sont déjà très élevés. «On ne l'obtient pas simplement comme un cadeau, il faut des heures d'évaluations et de rapports. Celui qui bénéficie d'une compensation des désavantages en a besoin.»

La Zurichoise s’interroge toutefois sur la comparabilité des chiffres entre les différents cantons. «Il faudrait des analyses plus approfondies», estime-t-elle.

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