A cause de feux d'artifice
Une retraitée suisse condamnée pour des menaces et un tir face à des enfants

Une retraitée avait menacé trois enfants avec un pistolet chargé à Aesch (BL) en 2023. Elle a été condamnée à 10 mois avec sursis.
Une retraitée avait menacé trois enfants avec un pistolet chargé à Aesch (BL) en 2023. (Image d'illustration)
Photo: PIUS KOLLER
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Leo VonlanthenJournaliste Blick

Une retraitée âgée de 70 ans écope de dix mois de prison avec sursis pour avoir menacé des enfants avec un pistolet chargé et tiré un coup de feu en 2023 à Aesch (BL). La Cour pénale de Bâle-Campagne l'a reconnue coupable de mises en danger de la vie d'autrui, voies de fait, contrainte et violations des lois sur les armes et sur les stupéfiants.

Les faits sont survenus en marge des festivités du 1er Août. Excédée par les feux d'artifice allumés par trois garçons de son voisinage, l'accusée est intervenue en pointant son pistolet sur ces derniers qui se trouvaient à moins de 2 mètres d'elle, en leur ordonnant de cesser. Elle a même tiré un coup de feu sans les viser.

Les enfants âgés de 7, 10 et 11 ans en ont ressenti des douleurs aux oreilles et ont subi des acouphènes qui se sont rapidement dissipés. Les juges ont considéré ces effets comme des voies de fait infligées par l'accusée, ce qui lui vaut en plus une amende de 350 francs.

Trajectoire de la balle

«Une déviation minime du coup de feu aurait pu avoir des conséquences mortelles», a déclaré mercredi le président du tribunal en rendant le jugement. La Cour a suivi en partie le réquisitoire de la procureure. Lors du procès qui s'est déroulé mardi, cette dernière avait réclamé une peine de deux ans de prison avec sursis. La défense avait exigé un acquittement partiel et demandé que la sanction n'excède pas une peine pécuniaire.

La prévenue a reconnu les faits, mais prétendait qu'elle avait tiré en l'air. Les enfants avaient déclaré aux enquêteurs qu'elle avait tiré à hauteur de tête.

Regrets d'une dépressive en thérapie

Mardi, la retraitée a présenté ses excuses aux enfants et exprimé sa «honte» d'avoir agi ainsi, «sous le coup de la colère». Elle a aussi expliqué avoir souffert de dépression et de nuits sans sommeil au moment des faits. En outre, elle gardait alors un chien paniqué par les feux d'artifice. De plus, elle se trouvait sous l'influence de cannabis et d'antidépresseurs.


L'expertise psychiatrique atteste d'une capacité diminuée de la prévenue à se maîtriser, mais d'un risque de récidive limité. La principale intéressée suit volontairement une thérapie. Face à la Cour, elle a déclaré qu'elle avait utilisé le pistolet, il y a quelques années, dans un stand de tir intérieur. Elle avait gardé l'arme en raison de pensées suicidaires, malgré le fait qu'elle ne possédait plus de permis de port d'arme.

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