En remportant une nouvelle fois Wimbledon, Jannik Sinner est devenu le dixième joueur de l'ère Open à défendre avec succès son titre sur le gazon londonien. Roger Federer y était parvenu à quatre reprises au cours de sa carrière. Le Suisse était également le dernier vainqueur de Wimbledon à ne concéder aucun break ni en demi-finale, ni en finale. Jusqu'à l'arrivée de Jannik Sinner. A seulement 24 ans, le numéro un mondial continue de repousser les limites. Mais qui est vraiment celui qui s'impose aujourd'hui comme la nouvelle référence du tennis mondial?
«Jan the Man»
Le tabloïd anglais The Sun n'a pas hésité à détourner le célèbre surnom de Stan Wawrinka, «Stan the Man», après le sacre de Jannik Sinner. Son titre? «Jan the Man». Une comparaison finalement assez logique. Comme le Vaudois, l'Italien impressionne par son calme, sa force mentale et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous.
Un enfant des montagnes
Jannik Sinner a grandi dans la vallée de Pusteria, dans le Tyrol du Sud, où il partageait son temps entre le ski et le tennis. Il excellait d'ailleurs sur les pistes au point de devenir champion d'Italie juniors de géant. Finalement, à 13 ans, il choisit définitivement le tennis et quitte sa région natale pour rejoindre l'académie du célèbre entraîneur Riccardo Piatti, à Bordighera.
Son premier entraîneur, Heribert Mayr, racontait déjà il y a deux ans à Blick que le jeune Sinner était différent des autres. «Il était mince, un peu dégingandé, malicieux, mais surtout incroyablement calme. Il avait déjà les pieds sur terre.» Cette simplicité lui colle encore à la peau aujourd'hui, malgré une fortune estimée à plus de 51 millions de francs en gains sur le circuit et des contrats publicitaires extrêmement lucratifs.
Ses parents, Siglinde et Hanspeter Sinner, géraient un refuge de montagne dans la vallée de Fischleintal. Son père, cuisinier de formation, lui aurait transmis quelques talents culinaires. «On dit que Jannik cuisine très bien», confiait récemment Alexander Zverev à la BBC.
Une image intacte
Très tôt, les grandes marques se sont arraché Jannik Sinner. Aux côtés de Nike et Head, il collabore aujourd'hui avec Rolex, Gucci, Lavazza, Alfa Romeo, Fastweb, De Cecco ou encore Parmigiano Reggiano. Son image est restée remarquablement solide, y compris après l'affaire de dopage qui a éclaté en 2024.
Contrôlé positif au clostebol, une substance interdite, il avait expliqué que cette contamination provenait d'une pommade utilisée lors d'un massage. Suspendu trois mois, il avait bénéficié du soutien d'une grande partie du monde du tennis. En Italie, sa popularité n'a pratiquement jamais été remise en question.
Son dialecte
L'allemand est la langue maternelle de Jannik Sinner. Plus précisément le dialecte du Tyrol du Sud. Lors du tournoi ATP de Vienne, il avait amusé le public en répondant dans son dialecte à Barbara Schett, ancienne joueuse professionnelle autrichienne. Le Grison Ursin Caderas, producteur TV pour l'ATP, s'amuse lui aussi régulièrement à lui parler en suisse allemand. «Il répond toujours en dialecte sud-tyrolien. On ne se comprend qu'à moitié, mais c'est très drôle. Il se moque de notre accent… et nous du sien», racontait-il.
Une Suissesse dans son équipe
Depuis 2024, la Bernoise Fabienne Benoit fait partie de l'entourage rapproché du numéro un mondial. Ancienne responsable des relations publiques de l'ATP et ex-porte-parole de Stan Wawrinka, elle gère aujourd'hui toute la logistique de Jannik Sinner: déplacements, hôtels, demandes de visa ou encore obligations médiatiques. Toujours discrète, elle accompagne systématiquement le champion italien lors des tournois.
Le «robot»
Depuis le début de sa grande rivalité avec Carlos Alcaraz, nombreux sont ceux qui surnomment Jannik Sinner «le robot». Un qualificatif qui ne rend pas totalement justice à l'Italien, mais qui traduit bien l'impression qu'il laisse à ses adversaires. Sa régularité, sa précision et sa puissance sont exceptionnelles. Surtout, elles s'accompagnent d'un sang-froid impressionnant. Son entraîneur Darren Cahill résume parfaitement la situation: «Ce n'est pas un robot, mais il a un ordinateur interne.» Et celui-ci est d'une fiabilité redoutable.
Ses proches
L'automne dernier, Jannik Sinner a officialisé sa relation avec le mannequin danois Laila Hasanovic. Cette dernière était présente dans sa loge lors de la finale de Wimbledon, tout comme ses parents, Hanspeter et Siglinde Sinner.
Selon le numéro un mondial, sa mère vit les matches avec beaucoup plus d'émotion que lui. «Elle n'a pas les nerfs aussi solides que moi», plaisante-t-il. Lors de la finale contre Alexander Zverev, elle a même quitté le Centre Court à plusieurs reprises, incapable de supporter la tension.
Jannik Sinner a également un frère adoptif, Mark Sinner, né en Russie en 1998 avant d'être accueilli par la famille Sinner à l'âge de neuf mois. Il est aujourd'hui formateur chez les pompiers.
Les «Carota Boys»
Impossible d'évoquer Jannik Sinner sans parler des célèbres «Carota Boys». Ce groupe de supporters est devenu indissociable de l'image du numéro un mondial. Tout est parti en 2019, lorsque l'Italien a été aperçu en train de croquer une carotte pendant un changement de côté lors du tournoi ATP de Vienne. Depuis, ses six amis le surnomment affectueusement «Carotino», soit «petite carotte» en italien.
Ils ont ensuite créé le fan-club des «Carota Boys» et se sont fait connaître sur Instagram grâce à leurs costumes entièrement orange. Aujourd'hui, ils comptent plus de 200'000 abonnés, bénéficient du soutien de plusieurs grandes marques, comme Lavazza, et commercialisent leurs propres produits dérivés… toujours orange, évidemment.
Un palmarès déjà impressionnant
A seulement 24 ans, Jannik Sinner affiche déjà un palmarès exceptionnel. Numéro un mondial, l'Italien compte 30 titres sur le circuit, dont cinq en Grand Chelem. Il s'est imposé à deux reprises à l'Open d'Australie, deux fois à Wimbledon et une fois à l'US Open. En 2025, il a également atteint la finale de Roland-Garros, où il s'est incliné face à Carlos Alcaraz. Avec l'équipe d'Italie, il a remporté deux Coupes Davis. Il s'est également imposé au moins une fois dans chacun des tournois Masters 1000.