Stan Wawrinka aura encore droit à au moins deux grands moments sur le court central de la Halle Saint-Jacques de Bâle. Ce lundi soir à 18 h, les Swiss Indoors rendront hommage au Vaudois de 41 ans lors d’une cérémonie d’adieux. Mardi, il disputera ensuite son match du premier tour face au Tchèque Jiří Lehečka (24 ans), 20e joueur mondial. Mais avant de tourner définitivement la page, le triple vainqueur en Grand Chelem revient sur une carrière riche en rebondissements et se prépare à vivre des journées bâloises chargées d’émotion.
… ses compagnons de route à Bâle
Pour sa dernière semaine de tournoi, Stan Wawrinka retrouvera l’un de ses plus célèbres compagnons de route: Novak Djokovic (39 ans). Les deux hommes se sont affrontés à 27 reprises, avec six victoires pour le Suisse, notamment en finale de Roland-Garros et de l’US Open. Ils effectueront une dernière séance d’entraînement commune dimanche soir à Bâle.
Lors de la cérémonie d’adieux et de son match, Stan Wawrinka pourra également compter sur la présence de nombreux proches. «Beaucoup d’amis et de membres de ma famille seront là», annonce-t-il sans vouloir dévoiler de noms. «Ils sont nombreux, je n’ai pas compté.»
… les grandes émotions
Lorsqu’on lui demande ce qui le rend le plus fier au moment de regarder dans le rétroviseur, un silence s’installe dans la petite salle où il rencontre les principaux médias suisses. Stan Wawrinka avale sa salive, cherche ses mots, puis se reprend après quelques secondes.
«Lorsque tu ressens dans un stade un soutien aussi immense du public, lorsque tu réalises que tous ces gens sont venus pour toi et t’encouragent avec autant de ferveur, cela te touche au plus profond de toi. J’ai pris énormément de plaisir à partager ces moments avec les fans.»
… le vide qui pourrait suivre sa carrière
Comment vivre sans ces émotions qui ont accompagné le champion aux quatre coins du monde? Stan Wawrinka sait qu’il devra s’habituer à leur absence, mais il aborde cette perspective sans crainte.
«Je n’ai pas peur. Mais quand j’y pense, cela me rend un peu triste. En même temps, je suis heureux de pouvoir arrêter à ma manière, au terme d’une année que j’ai pu construire moi-même. Et en plus, en Suisse. Pour moi, c’est tout simplement génial.»
… sa forme étonnante à 41 ans
Rester compétitif à 41 ans, alors qu’il est le joueur le plus âgé encore en activité sur le circuit ATP, demande un travail considérable dans l’ombre. Stan Wawrinka éclate de rire lorsqu’on aborde le sujet.
«Oui, cela demande beaucoup d’entraînement. Et aussi une préparation différente, beaucoup plus exigeante. Cette année, il a été difficile de trouver le bon équilibre entre la condition physique et la qualité de mon tennis. C’est aussi pour cela que j’ai disputé un peu moins de matches que par le passé.»
… son tatouage emblématique
Les fans de Stan Wawrinka connaissent bien cette citation inscrite sur son avant-bras gauche: «Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better.» En français: «Tu as essayé. Tu as échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux.»
À Bâle, le Vaudois raconte comment cette phrase est devenue sa devise. «Je me suis fait tatouer cette citation en 2013, à Lausanne, le jour de mon anniversaire, le 28 mars. Au tennis, on perd tellement souvent qu’il faut trouver chaque semaine quelque chose de positif auquel se raccrocher. Cette phrase représente cela pour moi.»
Avant d’ajouter, dans un éclat de rire: «Elle m’a donné une superpuissance.»
… le jeune Stan parti à Barcelone à 14 ans
Lorsqu’il se replonge dans les débuts de sa carrière, Wawrinka devient songeur. Que dirait-il aujourd’hui au jeune Stan qui, à 14 ans, était parti à Barcelone pour poursuivre sa formation et qui allait devenir champion junior à Roland-Garros?
«Je referais exactement la même chose. Avec le recul, je ne changerais rien à mon parcours. Je dirais au jeune Stan de se lancer dans cette aventure avec le sourire, de poursuivre ses objectifs et de voir où cela le mène. De repousser ses limites, et même d’aller au-delà.»
… ses projets après le tennis
Production de films, finance, cryptomonnaies ou possibilité de rester dans le monde du tennis: les pistes ne manquent pas pour la suite. Mais Stan Wawrinka ne souhaite pas encore se projeter trop loin.
«J’ai toujours voulu profiter pleinement de mon année d’adieux avant de prendre le temps de voir vers quoi je voulais me diriger. Ce processus prendra peut-être quelques semaines, quelques mois, voire six mois. Mais les options ne manquent certainement pas.»