La FIS veut réduire ses coûts. Et la manière dont elle s’y prend suscite de vives critiques dans le monde du cirque blanc: dernier exemple en date, le licenciement de Giulia Candiago. «Elle a toujours eu un comportement irréprochable, résume Megan Harrod, représentante de Mikaela Shiffrin. C'est une grave erreur.»
Ancienne skieuse et journaliste, l’Italienne a notamment été la manager de Lara Gut-Behrami entre 2017 et 2019. Après un passage chez Swiss-Ski, elle avait rejoint la FIS, où elle a d’abord travaillé pendant six ans comme responsable des relations médias pour le ski féminin, avant de devenir en 2025 responsable des relations extérieures.
Son départ a provoqué une vague de réactions. «Nous n’avons jamais été d’accord avec ce renvoi», a écrit la slalomeuse française Marie Lamure sur Instagram. Des centaines de personnes lui ont emboîté le pas, entre messages de soutien, émojis en pleurs et «Noooo!».
Les Suissesses Camille Rast, Wendy Holdener et Corinne Suter ont elles aussi tenu à la remercier pour les années passées ensemble. Même son de cloche chez plusieurs stars internationales, dont Mikaela Shiffrin, Lindsey Vonn et Sofia Goggia.
Candiago était appréciée des athlètes, des sponsors, des organisateurs et des médias. Cela n’empêchait pas certains désaccords. «Même avec toi chez Blick», lance-t-elle au téléphone avec le sourire. «Mais les discussions étaient toujours très constructives. On trouvait toujours des solutions. C’est quelque chose que j’appréciais.»
Une «bâtisseuse de ponts»
Giulia Candiago ne souhaite pas s’étendre sur son licenciement, et encore moins critiquer ses anciens supérieurs. Elle assure avoir passé de très belles années à la FIS. «Même les contes de fées ne se terminent pas toujours bien.» Une question demeure toutefois: pourquoi a-t-elle dû partir?
En juillet encore, la FIS publiait un long portrait élogieux de Candiago, présentée comme une «bâtisseuse de ponts». Son départ était pourtant peut-être déjà en préparation. Le nouveau président de la FIS, Alexander Ospelt, avait annoncé un vaste programme d’économies.
Sous la présidence de son prédécesseur Johan Eliasch, les actifs de la fédération sont passés de 130 à 43 millions de francs en cinq ans. «Eliasch avait dix personnes autour de lui à la présidence. Nous avons fortement réduit ce nombre pour arriver à trois postes», expliquait Alexander Ospelt à Blick en septembre.
Poste supprimé
Plusieurs collaborateurs licenciés auraient été reclassés ailleurs au sein de la FIS. Ce n’est pas le cas de Candiago. Son poste a été supprimé et elle n’a reçu aucune autre proposition, alors qu’elle aurait été prête à poursuivre dans une nouvelle fonction.
Interrogée par Blick, la FIS a indiqué être reconnaissante envers Giulia Candiago, mais a expliqué que son poste de responsable des relations extérieures au sein du cabinet du président avait été jugé «redondant» dans le cadre de la réorganisation.
«Comportement irréprochable»
Une analyse qui est loin de faire l’unanimité. Megan Harrod connaît Candiago depuis douze ans. Elle précise qu’elle s’exprime à titre personnel, mais son avis est sans ambiguïté: «Je ne comprends pas cette décision et je ne pense pas que je la comprendrai un jour.»
«Surtout, elle possède exactement le type de compétences dont la fédération a besoin, ajoute la représentante de Mikaela Shiffrin. Son réseau et son expertise sont essentiels si la FIS veut restaurer la confiance des athlètes. La laisser partir va laisser un vide immense,»