Alanis Siffert s’entraîne sur son vélo de course dans l’appartement, Max Studer revient de la séance de natation et se prépare des pâtes: tel est le quotidien des deux as du triathlon lors de notre visite dans leur camp d’entraînement de Leysin, station de ski ensoleillée qui domine le lac Léman. Les triathlètes partagent presque tout dans leur vie: l’entraînement, les voyages, l’ambition. Et depuis début 2022, ils partagent aussi l'amour.
Ils se sont rencontrés lors d’un camp d’entraînement aux îles Canaries. L’été suivant, Alanis Siffert voulait passer deux mois à Saint-Moritz, où Max Studer avait un appartement. Il lui a proposé de s’installer chez lui. Elle devait ensuite rentrer chez elle et poursuivre ses études. Mais elle est restée, a interrompu temporairement ses études de biologie et s’est consacrée au triathlon. «Je ne suis plus repartie», sourit-elle.
Le Soleurois lui a montré ce que signifie s’investir entièrement dans le sport. La Fribourgeoise était nageuse jusqu’à ce que les piscines ferment pendant le Covid. Elle s’est alors mise à la course à pied avec ses parents et au VTT avec son frère. De retour dans le bassin, la diversité lui manquait. Elle a donc changé de discipline en 2021. La légende de l’entraînement de triathlon Brett Sutton a rapidement reconnu son talent et l’a intégrée à son groupe d’entraînement, dont Max Studer fait également partie.
Leur couple les rend plus forts
Aujourd’hui, Alanis Siffert est considérée comme la possible héritière de l’icône du triathlon Daniela Ryf. En juillet, elle a remporté le Challenge Roth, classique de la longue distance, puis le bronze aux Mondiaux sur la moitié de la distance Ironman à Nice en septembre. Daniela Ryf est un modèle qui la conseille également. «Je crois qu’il y a encore beaucoup de potentiel», déclare-t-elle.
Alors qu’Alanis Siffert est lancée à toute vitesse, Max Studer a dû faire preuve de patience après une infection virale au printemps. «Ce n’est pas toujours facile quand l’un réussit et que l’autre ne va pas bien», avoue-t-il. Dans ces moments-là, il est particulièrement utile d’avoir quelqu’un qui vous comprend. Max Studer a puisé de la confiance dans les succès d’Alanis Siffert. Depuis, le champion d’Europe 2025, a lui aussi recommencé à gagner, comme dernièrement lors de deux courses en Chine.
Au quotidien, les deux amoureux se poussent mutuellement. À sept heures du matin, si le ciel est gris et que l’envie de s’entraîner est faible, celui qui est le plus motivé entraîne l’autre. Dans la piscine, cela devient une compétition amicale. Sur la piste, chacun a son programme, mais tous deux voient les efforts de l’autre. Leur entraîneur soutient également leur relation: elle les rend tous deux plus forts.
Alanis Siffert constate aussi l’importance des relations et du soutien mutuel au sein de son équipe Duxsports. Cette équipe de passionnés de triathlon l’a soutenue bien avant qu’elle n’obtienne de grands résultats. L’enthousiasme partagé des professionnels et des sportifs amateurs, qui se partagent le parcours et s’encouragent, donne un sentiment de communauté à ce sport individuel, explique Alanis Siffert. Nécessaire, tant la saison est longue.
Pour l’heure, tous deux se préparent à d’autres courses afin de rester en forme. En 2027, Alanis Siffert participera pour la première fois aux Mondiaux Ironman à Hawaï. Max Studer vise quant à lui les Jeux olympiques 2028 de Los Angeles. Des objectifs différents, mais un chemin commun.