Le rugby est un sport qui se joue à XV contre XV. Et à la fin, c'est l'Allemagne qui perd. Cette maxime s'est confirmée en ce samedi ensoleillé du côté du Stade Municipal d'Yverdon avec la belle victoire de l'équipe de Suisse contre son cousin germain. Ce succès est également synonyme de maintien pour les Helvètes.
Car ce samedi, l'équipe de Suisse avait une mission: se débarrasser de l'Allemagne et ainsi assurer son maintien en première division européenne. Pour sa deuxième année à ce niveau, la sélection nationale n'avait pas le droit à l'erreur contre son voisin du Nord. Une défaite aurait en effet signifié un immense danger de relégation.
Débuts compliqués
Et après quatre minutes de jeu seulement, il y avait de quoi se montrer inquiet. Sur leur première incursion en territoire helvétique, les «Schwarze Adler» ont en effet aplati et pu ainsi rapidement mener 0-7. Cette entame de match compliquée n'a pas semblé perturber le XV de l'edelweiss puisque six minutes plus tard, le score était de 8-7 en sa faveur. Une pénalité de Jules Porcher et un essai non-transformé de Cyril Flückiger (10e) ont remis un peu de sérénité sous les protège-têtes suisses (pour ceux qui en portaient).
Malgré une pénalité adverse (13e, 8-10), la Suisse a mieux terminé la première mi-temps. C'est notamment en raison de l'indiscipline adverse que les hommes d'Olivier Nier ont pu creuser un petit écart. Mais que ce fut pénible. Deux essais ont d'ailleurs été annulés (Jonathan Dallet, 18e et Nicolas Mousties, 29e). Mais la pression des joueurs locaux face à un pack allemand réduit à treize a fini par payer. Jonathan Dallet, encore lui, a conclu une poussée rageuse par un essai amplement mérité. Jules Porcher s'est chargé de la transformation pour permettre à la Suisse de mener 15-10 à la pause.
Les nerfs de Jules Porcher
Après une pénalité transformée de part et d'autre, le score est passé à 18-13. Peu avant l'heure de jeu, Oliver Stein a inscrit un essai pour l'Allemagne. La transformation de Christopher-Leonard Henning a permis aux visiteurs de prendre l'avantage (18-20). Mais Jules Porcher s'est chargé de redonner l'avantage aux Suisses sur une pénalité hyper importante (63e).
Les Allemands ont repris quatre longueurs d'avance à la suite d'un essai non-transformé de Lestyn Garin Rees. Sur cette action, les Suisses ont commis une imprécision à la réception d'un coup de pied à suivre. Mais les joueurs locaux n'ont pas paniqué et trois minutes plus tard, ils reprenaient les commandes grâce à un essai de Lucas Schmid. Les nerfs d'acier de Juler Porcher ont même permis au XV de l'Edelweiss de prendre trois longueurs d'avance grâce à la transformation (67e, 28-25).
Une fin asphyxiante
Après cet essai, il n'y avait qu'un mot d'ordre: tenir coûte que coûte. Mais que ce fut tendu! Sur une mêlée à quelques mètres de l'en-but suisse, la pression germanique s'est faite irrespirable. (Et en matière de pression, les Allemands savent de quoi ils parlent). Mais le bloc défensif suisse a tenu bon jusqu'à l'essai libérateur de Tom Nublat en toute fin de match (35-25).
En plus de sa portée historique avec ce maintien dans l'élite, ce succès helvétique a une autre conséquence positive. Le XV de l'edelweiss disputera dans une semaine le match de classement pour la cinquième place. Une preuve de plus des progrès importants réalisés par cette sélection nationale. À Madrid, la Suisse se frottera au vainqueur de la rencontre entre les Pays-Bas et la Belgique. Fin février, l'équipe d'Olivier Nier avait d'ailleurs battu les «Oranje» au Stade Municipal d'Yverdon.