Vendredi à Leysin, Tadej Pogacar a (encore) marqué l’histoire de son sport. En remportant quatre étapes en une édition du Tour de Romandie, le Slovène a égalé le Suisse Ferdi Kübler, qui avait réalisé une telle prouesse en… 1951. Un accomplissement fou, témoin de la semaine quasi parfaite que Tadej Pogacar a passée sur les routes de Suisse romande.
Tadej Pogacar, le grimpeur et le sprinteur
En Romandie, le Slovène a émerveillé les spectateurs et dominé le peloton de bout en bout, n'étant battu qu'à deux reprises par le Français Dorian Godon. D’abord sur le prologue de 3.2km à Villars-sur-Glâne, puis au sprint à Orbe, après avoir remporté celui de Vucherens. Deux résultats que le Slovène explique avec candeur. «C’était mon premier prologue en pro. J’ai toujours été nul chez les jeunes. Donc, pour moi, c'est un bon résultat», se justifiait-il à propos de Villars-sur-Glâne. À Orbe, il disait avoir été battu par un très bon Dorian Godon, tout en se satisfaisant de s'essayer sur les sprints.
Car la semaine de Tadej Pogacar en Romandie a été une semaine de test, en somme, après les Classiques de début d’année. Mercredi, sur la première étape d’Ovronnaz, il a effectué sa première grosse montée de l’année en course (8.9km à 9.7%). Il y avait lâché tous ses concurrents, à l’exception du jeune Lenny Martinez. Avant de les aligner au sprint. Samedi, sur l’étape reine conclue à Charmey, il a fait la différence dans la dernière montée du Jaun, finissant en solitaire. Rebelote dimanche, où il a laissé Florian Lipowitz l’attaquer par trois fois, avant de le terrasser à 300 mètres de la ligne d’arrivée.
«Florian (Lipowitz) a été vraiment très fort. Bravo à lui pour la bataille. Il n’a pas été facile à suivre pendant un moment. Il avait besoin d’essayer, il a tout donné», analysait Tadej Pogacar après la dernière étape. Le débriefing, sans prétention, d'un homme qui a de la marge sur son meilleur rival lors de cette course.
De retour en Suisse en juin
Une préparation de patron, donc, pour celui qui voulait absolument épingler une nouvelle course à étapes à son palmarès. «Je suis très fier de pouvoir cocher le Tour de Romandie», déclarait-il à Leysin. Serein vainqueur du classement général, Tadej Pogacar a apprécié son passage sur les routes romande. «Je prends du plaisir à rouler ici, sur de bonnes routes et avec des étapes difficiles», disait-il plus tôt dans la semaine. Le Slovène a particulièrement apprécié le calme du Tour de Romandie, moins chaotique que les Classiques courues jusque là.
«Pogi» peut se réjouir, il retrouvera les belles routes helvétiques du 17 au 21 juin, pour le Tour de Suisse, sur sa bucket list. Là encore, on devrait le voir collectionner les bouquets et le voir arborer un nouveau maillot jaune. Cela semble inévitable.