«Pas encore en péril»
Un bilan positif et des soucis financiers pour le «Romandie» 2026

Le Tour de Romandie s’est achevé samedi, après une semaine de «Pogimania» magnifique. Une édition 2026 réussie, qui ne fait pas oublier les problèmes financiers en coulisses.
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Tadej Pogacar (en jaune) au TdR 2026, forcément une réussite pour Richard Chassot (à droite).
Photo: keystone-sda.ch
Thomas Freiburghaus
Thomas FreiburghausJournaliste

La «Pogimania», du beau temps, de bien belles épreuves de montagne. Cette édition 2026 du Tour de Romandie a été une belle réussite pour le monde du cyclisme. Richard Chassot, directeur de l’épreuve, parlait à Leysin, après la dernière étape, de «plateau très qualitatif», de «condition climatiques quasiment estivales» et d’un «public incroyable, du jamais vu». Le bilan était donc «très très bon» pour la vingtième de l’ancien coureur Fribourgeois à la tête du Tour de Romandie.

En coulisses, par contre, le ciel au-dessus du «Romandie» est plus nuageux. «Seulement 15 équipes et pas de sponsors sur le maillot jaune: le Tour de Romandie dans un contexte financier difficile», titrait le quotidien sportif français L’Équipe juste avant le départ du Tour. Jeudi, le journal Le Temps révélait que «Le Tour de Romandie féminin, prévu en septembre, [était] menacé d’annulation».

Pas de sponsor principal

La faute à des problèmes financiers, en partie causés par la perte du sponsor du maillot jaune, le fromage Le Maréchal. Un manque a gagner de 400’000 francs pour le Tour de Romandie, qui n’avait aucun sponsor sur le maillot jaune de Tadej Pogacar et Dorian Godon cette semaine.

«J’ai bon espoir pour la suite. Bien sûr, le Tour de Romandie ne peut pas faire trois ans sans sponsor principal. Mais dire qu’il n’y aura pas 2027 si on l’a pas, ce n’est pas vrai. Le Tour de Romandie n’est pas encore en péril!», contre-attaque Richard Chassot, qui dit être soutenu par une grande solidarité de la part des sociétés et des cantons. «On espère qu’avec cette belle semaine, l’intérêt des partenaires soit là», continue-t-il.

Paul Seixas pour l'édition 2027?

Autre caillou dans la chaussure du TdR cette année: les quatre «jokers» utilisés par les formations du World Tour pour ne pas s’aligner à une épreuve par saison. Ainsi, Decathlon-CMA CGM, Alpecin-Premier Tech, Lotto-Intermarché et Uno-X n’ont pas fait le voyage en Romandie. «Je crois que cette année, c’est un peu spécial. Le départ du Giro en Bulgarie complique les choses pour les équipes, logistiquement», avance Richard Chassot, sans oublier de mentionner les équipes sans grimpeurs ou celles qui comptent blessés et malades.

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Après avoir attiré Remco Evenepoel en 2025 et Tadej Pogacar en 2026, le directeur du TdR se verrait bien accueillir Paul Seixas dans le futur. «Pourquoi pas? Décathlon sera obligé de venir l’année prochaine. Et je ne pense pas que c’est un coureur qui va aller faire Paris-Roubaix tout de suite, donc le Tour de Romandie peut être une bonne option», se prend à rêver Richard Chassot.

Le Tour de Romandie féminin en suspend

Si son directeur n’est, dans l’immédiat, pas plus inquiet que ça pour son Tour masculin, c’est bien le pendant féminin qui pourrait avoir du plomb dans l’aile, et vite. «C’est plus difficile pour nous de financer le Tour féminin, pour l’instant, avoue Richard Chassot, frustré de la situation. C’est énervant, parce que ça marche bien. Mais typiquement, les droits TV sont incomparables. Et les dépenses sont les mêmes!»

Le patron du TdR devra «prendre des décisions dans les prochaines semaines» pour son Tour féminin. Pour autant, Richard Chassot affirme ne pas avoir perdu espoir, même s’il manque «une étape et de l’argent» pour septembre. «Tous les signaux ne sont pas au vert, mais j’attends des réponses», déclare-t-il.

On l'aura compris, l'avenir du Tour de Romandie (surtout féminin) est incertain. Le public romand, lui, gardera en tête la venue magique de Tadej Pogacar en 2026 et voudra certainement revivre de telles émotions dès l'année prochaine, pour la 80e.

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