Pour une fois, Anthony Schwyn ne sera pas pendu dans les airs de sa salle de parcours pour montrer comment bien faire un exercice, ce jeudi matin. Le trentenaire sera en effet au volant d'un minibus en direction de Plzen, à l'ouest de la République Tchèque, et fera office de chef de délégation de l'équipe représentant la Suisse romande, celle d'AS Warriors, la structure qu'il a fondée voilà huit ans maintenant. Huit de ses «élèves» ont en effet été sélectionnés pour ces joutes continentales, parmi les 44 qui défendront les couleurs rouges et blanches.
«C'est une grande fierté, forcément, et surtout une grande joie pour moi de voir que ces jeunes sont motivés et prêts, peut-être, à ramener des médailles!», se réjouit-il, heureux de constater que l'idée qu'il a eue voilà huit ans, et qu'il a su concrétiser, a porté ses fruits.
Une salle bien aménagée
Autour de lui, pendant la discussion, de petits ninjas de tous âges voltigent, sautent, courent, rampent. Ce mercredi des vacances scolaires est très animé à Chavornay, dans le Nord vaudois, et les parents peuvent soit attendre dans la jolie petite cafétéria de l'entrée, soit revenir plus tard et récupérer des enfants fatigués et heureux. «On a même des habitués qui viennent de France voisine, ils roulent une heure et demie pour profiter de notre salle», explique Anthony Schwyn, dont la structure, AS Warriors, compte aujourd'hui une centaine de membres.
«Le concept est inspiré de l'émission de télévision Ninja Warrior. J'ai créé cette salle ici et encore aujourd'hui, on est la seule structure professionnelle de Suisse romande. Je suis content de l'évolution d'AS Warriors, on a une communauté de passionnés de tous âges», détaille cet ancien footballeur de bon niveau régional. Lui-même a participé à plusieurs concours et compétitions, mais, en cette fin de semaine à Plzen, c'est bien en tant que coach qu'il fait le déplacement.
«Le parcours, c'est un sport qui est très accessible, parce que les premiers obstacles peuvent être franchis facilement. Après, il faut un peu de caractère et de détermination, et ce n'est pas forcément donné à tout le monde. C'est un sport qui peut vite être démoralisant, parce qu'il confronte la personne qui le pratique à l'échec. Il y a des paliers à franchir pour réussir les différents obstacles et il n'y a pas de raccourci. Dans une société où on veut un résultat immédiat et visible tout de suite, le parcours apprend à être patient. C'est stimulant, mais il faut y être préparé», détaille le spécialiste, qui aimerait bien, à terme, proposer d'autres salles de parcours ailleurs en Suisse romande. «Chaque chose en son temps», sourit-il. Le gros point fort d'AS Warriors: pas besoin de prendre un abonnement. N'importe qui peut venir, payer son ticket d'entrée, et profiter des infrastructures, avec ou sans conseils privés. La salle est sur deux étages, avec plusieurs secteurs différents selon les envies ou la motivation.
Des conseils de bon aloi
Les jeunes et moins jeunes présents ce mercredi à Chavornay apprécient en tout cas les conseils de l'expert, lequel donne les bonnes astuces pour passer d'un obstacle à l'autre. «Balance-toi sur la corde, comme ça, et détache les jambes. Tu verras, ça va aller mieux», glisse-t-il à un garçon un peu sceptique au départ, mais convaincu une fois qu'il a essayé la technique de son coach.
Un sport très complet
«Il y a eu un gros boom des inscriptions quand l'émission est passée sur TF1. Aujourd'hui, elle est moins visible, mais le sport reste intéressant. On peut travailler le haut du corps, le bas, dans les airs, au sol... C'est très complet et très ludique aussi», enchaîne Anthony Schwyn, qui se réjouit de voir ses huit protégés se frotter aux meilleurs ninjas européens ce week-end en Tchéquie, avant de retrouver son quotidien à la salle et d'accueillir toutes les personnes intéressées à découvrir ce sport en développement. «On a même créé des compétitions internes, les AS Warriors Games!», explique-t-il, l'envie de grandir bien ancrée en lui.