Ce sont deux visages assez différents de Timothé Mumenthaler qui se sont présentés en zone mixte, mardi à Birmingham, jour des courses du 100 m. Le matin, le Genevois pestait quelque peu d'avoir dû prendre part aux séries sur la discipline reine. «Je pense sincèrement que je n'avais rien à faire là», s'exclame-t-il, à propos de la qualification directe des 12 meilleurs sprinteurs du continent en demi-finale.
Le soir, après avoir manqué son ticket pour la finale de six centièmes, il était un peu plus posé. Il faut dire que le champion d'Europe du 200 m avait eu plusieurs minutes pour se ressourcer, lui qui est resté dans le hot seat (la place des coureurs momentanément qualifiés au temps) jusqu'au terme des trois demi-finales. Mais le couperet est finalement tombé. «La finale sur 100 m, ça aurait été la cerise sur le gâteau», tempère le Genevois.
La présence d'Éole
Car c'est en effet sur le demi-tour de piste qu'il sera attendu, et ce dès jeudi soir, en demi-finale (21h05, heure suisse). Champion en 2024, Timothé Mumenthaler aura une couronne à défendre. «Après ces deux courses, je me sens beaucoup mieux, apprécie-t-il. Je me sens plus léger et c'est de très bon augure pour le 200 m.»
Au-delà de ses adversaires, c'est aussi face au vent que le sociétaire du Stade Genève va devoir se battre sur la piste de l'Alexander Stadium. Éole n'est pas clément avec les sprinteurs depuis le début des Européens et des bourrasques peuvent apparaître par moments. «C'est ennuyant mais c'est la vie et je ne peux pas lutter contre la météo, sourit-il. J'ai quand même checké un peu les radars et ça pourrait tomber pour mes prochaines courses – ce qui est positif.»
Un nouvel état d'esprit
Par contre, Timothé Mumenthaler est dans un autre état d'esprit au moment d'aborder la défense de son titre. «Je me suis un peu détaché de cette pression, avoue-t-il. J'essaie de voir cette compétition comme une autre.» Facile à dire, peut-être moins à faire.
Mais en s'exilant à Padoue, en Italie, le Genevois est sorti de sa zone de confort. Désormais sous la houlette de Marco Airale, il s'entraîne dans le même groupe que d'autres stars internationales comme Amy Hunt, toute nouvelle championne d'Europe du 100 m.
«L'état d'esprit est différent, apprécie-t-il. J'ai changé et je suis beaucoup plus solide. Je suis plus détendu en compétition et je n'ai pas peur. C'est un game changer pour ces Européens.» Ne reste plus qu'à le prouver dès ce jeudi soir.