Le rire lâché par Audrey Werro en arrivant devant les journalistes démontre bien que même elle a du mal à réaliser ce qu'il vient de se passer sur la piste du Letzigrund. Il y a une semaine, la Fribourgeoise «valait» plus de 1'57 sur 800 m. Dimanche, lors des championnats suisses à Frauenfeld, elle est passée pour la première fois sous cette barre avec un incroyable (1'56"29). Un temps qui faisait déjà d'elle la deuxième meilleure performeuse de l'année sur la discipline, derrière l'intouchable Keely Hodgkinson.
Sauf que, sur sa lancée, Audrey Werro n'a pas voulu s'arrêter là. Et lors des finales de Diamond League au Weltklasse, elle a couru en 1'55"91, franchissant une nouvelle barrière. Époustouflant. «C'est tellement fou, avoue la Fribourgeoise. Chaque course, je me dis que je vais améliorer mon record de quelques centièmes. Mais de passer de 1'57 à 1'55 en quelques jours, c'est magique.»
L'aide du public
De la magie que la pensionnaire du CA Belfaux a également mis dans les yeux des spectateurs zurichois. Jamais de toute la soirée, le bruit n'a été autant fort que lors des 100 derniers mètres de ce double tour de piste. «D'habitude, je n'entends pas grand-chose quand je cours, admet l'héroïne du soir. Mais là, j'ai vraiment entendu le public et ça m'a donné encore plus d'énergie.»
Car, malgré trois courses en l'espace de huit jours, Audrey Werro va bien. «J'ai bien récupéré entre les courses, notamment parce que j'ai privilégié le sommeil», sourit-elle. Sous les yeux de Roger Federer («C'est une petite fierté de dire qu'il m'a vu courir»), la Fribourgeoise était dans une forme olympique.
En début d'année, elle visait la finale
Un an après les JO, ce sont les Mondiaux qui attendent désormais la Courtepinoise. «Il y aura beaucoup de récupération d'ici là, même si je vais continuer à m'entraîner pour garder la forme», développe-t-elle.
Avant de s'envoler pour Tokyo et de rêver en grand. «Tous les espoirs sont permis, admet Audrey Werro. En début de saison, mon objectif – que je trouvais assez gros – était d'aller en finale. La médaille, je n'en rêvais pas trop et la gardais dans un coin de ma tête. Là, je l'espère un peu plus, même si je ne vais pas me mettre de pression.»
En même temps, à 21 ans, la Fribourgeoise n'en est qu'au début de sa carrière. Et si elle continue ainsi, aucun doute que les breloques et les récompenses vont commencer à pleuvoir.