Un ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat, John Bolton va plaider coupable de rétention de documents relevant de la défense nationale, rapportent jeudi les médias américains. Ancien bras droit du président, il est devenu l'un de ses plus virulents détracteurs.
John Bolton, 77 ans, inculpé en octobre par un jury du Maryland, près de Washington, pour divulgation et rétention de documents relevant de la défense nationale, avait initialement plaidé non coupable. Mais le tribunal a fixé jeudi une nouvelle audience de mise en accusation au 26 juin, indiquant qu'il pourrait désormais plaider coupable.
John Bolton devrait plaider coupable de rétention illégale de documents classifiés, passible de cinq ans de prison, et consentir à payer une amende de plus de 2 millions de dollars, rapportent plusieurs médias, dont CNN, citant des sources proches du dossier.
Un livre révélateur
En juin 2020, il avait publié un livre au vitriol sur ses 17 mois passés comme conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qu'il décrivait comme «inapte» à diriger les Etats-Unis.
Il est reproché à John Bolton d'avoir «abusé de sa position de conseiller à la sécurité nationale en partageant plus d'un millier de pages de documents sur ses activités au quotidien» dans ses fonctions avec deux personnes de son entourage ne disposant pas d'une habilitation de sécurité.
Ces deux personnes, non identifiées dans l'acte d'accusation, seraient son épouse et sa fille, selon les médias. Il leur aurait transmis ces informations confidentielles via ses messageries électroniques personnelles non sécurisées, selon l'acte d'accusation.
Compte de messagerie piraté
Circonstance aggravante, en juillet 2021, un représentant de l'ex-conseiller à la sécurité nationale a informé le FBI, la police fédérale, que l'un des comptes de messagerie électronique qu'il utilisait avait été piraté après son départ du gouvernement par un hacker lié selon lui à l'Iran, pays envers lequel John Bolton prônait une ligne dure.
Mais «à aucun moment», il n'a alerté les autorités sur le fait qu'il avait partagé sur ce compte «des informations relevant de la défense nationale, y compris des informations classifiées. Ni dit au FBI que les pirates informatiques avaient désormais ces informations», selon l'accusation.
Dans le viseur de Trump
John Bolton est devenu en octobre la troisième personnalité ciblée par Donald Trump à être inculpée depuis le retour de ce dernier à la Maison Blanche, après l'ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de l'Etat de New York, Letitia James.
Les poursuites contre James Comey et Letitia James ont été annulées en novembre en raison de l'illégalité de la nomination de la procureure qui les avait engagées. Mais l'ex-directeur du FBI a de nouveau été inculpé en avril, cette fois pour menace d'attenter à «la vie et l'intégrité physique» du président américain, au sujet d'une photo de coquillages publiée sur les réseaux sociaux.