Le Texas a ouvert le bal des primaires mardi aux Etats-Unis avec des scrutins très observés pour les républicains comme pour les démocrates, à quelques mois d'élections de mi-mandat (midterms) cruciales pour la suite de la présidence de Donald Trump. Dans cet Etat conservateur du Sud, les démocrates espèrent remporter en novembre un siège de sénateur pour la première fois en plus de 30 ans, tandis que les républicains comptent bien préserver leur majorité au Sénat à Washington.
Dans la primaire républicaine, aucun candidat n'a dépassé la barre de 50% des suffrages selon les projections de plusieurs médias américains, donc un second tour sera nécessaire fin mai entre le sénateur sortant John Cornyn, et le candidat trumpiste radical Ken Paxton. Côté démocrate, un vainqueur n'avait pas encore réussi à se dégager dans la soirée, même si le jeune élu James Talarico possédait une certaine avance sur sa rivale, la députée Jasmine Crockett, après les premiers dépouillements.
A quelques mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite de la seconde présidence Trump, ces primaires doivent fournir de premières tendances sur les messages qui résonnent auprès des électeurs, sur fond de mécontentement persistant sur l'économie et d'interrogations sur le déclenchement de la guerre contre l'Iran.
Un député au passé sulfureux
A droite, le sénateur sortant John Cornyn, 74 ans, figure de l'establishment conservateur, sera de nouveau confronté lors du second tour fin mai à l'actuel procureur général du Texas, Ken Paxton, 63 ans, élu très trumpiste et aux positions radicales – notamment contre le droit à l'avortement. Tous deux se targuent d'être des fidèles du président républicain, qui a refusé d'apporter son soutien à un candidat spécifique, pour le moment.
Selon les sondages, Ken Paxton part favori du deuxième tour à venir face à John Cornyn, en raison notamment de sa forte popularité au sein de la base «MAGA» de Donald Trump. Mais certains s'alarment du passif de cet élu ultraconservateur qui avait survécu à une procédure de destitution en 2023, avant un scandale d'adultère l'an dernier menant à un divorce retentissant.
«De nombreux responsables républicains s'inquiètent du fait que si le sénateur Cornyn perd la primaire, un démocrate pourrait être élu au Sénat pour la première fois depuis 1988», a expliqué à l'AFP avant le vote Peter Loge, professeur de communication politique à l'université George Washington.
En novembre, lors d'élections où Donald Trump n'apparaîtra pas sur les bulletins de vote, il pourrait cependant être difficile de parvenir à mobiliser certains électeurs plus trumpistes que républicains. D'où le dilemme du parti, qui doit trouver le meilleur moyen de gagner plus d'un an après le retour du milliardaire à la Maison Blanche, en amenant la base «MAGA» aux urnes, tout en n'effarouchant pas les républicains plus modérés.
Ne pas laisser la Bible à la droite
A gauche, deux visions stratégiques s'opposaient pour deux candidats progressistes. D'un côté, James Talarico, élu au parlement du Texas, a réussi à faire fondre son retard dans les sondages au fil des semaines. Ce pasteur blanc de 36 ans s'est fait connaître ces dernières années grâce à des interviews remarquées sur les terrains conservateurs, affirmant aussi ne pas vouloir laisser l'exclusivité du message de la Bible à la droite.
De l'autre, Jasmine Crockett, députée afro-américaine de 44 ans connue pour son franc-parler, affirme qu'une personnalité de battante comme la sienne est nécessaire pour s'opposer à Donald Trump. Quelle qu'elle soit, la personne qui remportera la victoire côté démocrate aura fort à faire pour détrôner les républicains en novembre, dans un Etat du Texas qui reste largement conservateur.