Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait part de sa volonté de renforcer le contrôle de l'Etat sur la vente à l'étranger de drones produits par son pays, au moment où il vante l'expertise de ses forces. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'Ukraine a affirmé avoir envoyé ses spécialistes en drones dans plusieurs pays du Golfe pour les aider à repousser les drones de conception iranienne Shahed.
Volodymyr Zelensky s'est plaint samedi – dans des propos sous embargo jusqu'à dimanche – que des pays étrangers puissent «acheter des drones à nos entreprises, sans passer par le gouvernement». «Malheureusement, certains représentants de gouvernements ou d'entreprises souhaitent contourner l'Etat ukrainien pour acheter des équipements spécifiques. C'est ce qui se passe actuellement», a-t-il poursuivi, sans nommer les pays concernés.
Il a menacé les entreprises qui ne se plieraient pas au contrôle gouvernemental de «mesures désagréables» et a indiqué avoir demandé à ses ministres de trouver des «solutions systémiques». «J'en ai fait part à notre Ministère de la Défense et j'ai envoyé des signaux en ce sens» au secteur privé, a poursuivi Zelensky, qui estime que la «production de drones modernes et l'expertise ukrainienne en la matière» pourraient constituer un secteur aussi profitable que le pétrole.
Une aide jugée «purement symbolique»
Confrontée depuis des années à des attaques russes impliquant des centaines de drones, l'armée ukrainienne a acquis une expérience précieuse dans la lutte contre ces engins peu coûteux et produits massivement. L'Ukraine a notamment développé des capacités de brouillage et des drones intercepteurs, des connaissances qu'elle a proposé de partager avec ses partenaires.
Interrogé cette semaine sur la chaîne Fox News sur l'aide dans la lutte antidrone proposée par l'Ukraine, le président américain Donald Trump a assuré n'en avoir «pas besoin». L'Iran a de son côté balayé le soutien accordé par l'Ukraine aux pays du Golfe, estimant qu'il était «purement symbolique» tout en avertissant que Kiev était «désormais entrée de fait dans une phase de confrontation directe» avec Téhéran et que son «territoire entier» était devenu «une cible légitime».