Soutien au maire d'Istanbul
Quatre journalistes prisonniers en Turquie ont été libérés

Un tribunal d'Istanbul a relaxé quatre journalistes turcs, dont le photographe de l'AFP Yasin Akgül, accusés d'avoir participé à une manifestation illégale en mars. Les reporters avaient été arrêtés après avoir couvert des manifestations en soutien au maire d'Istanbul.
Une manifestation organisée par le Parti républicain du peuple en soutien au maire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul.
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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AFP Agence France-Presse

Un tribunal d'Istanbul a relaxé jeudi quatre journalistes turcs, dont le photographe de l'AFP Yasin Akgül, qui étaient accusés d'avoir pris part à une manifestation illégale qu'ils couvraient lors d'une vague de contestation en mars.

Les reporters avaient été interpellés fin mars à leur domicile et incarcérés durant plusieurs jours, après avoir couvert des manifestations de l'opposition en soutien au maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, arrêté quelques jours plus tôt. «Il n'existe aucun fondement solide permettant de conclure que les prévenus ont commis l'infraction alléguée», a estimé le tribunal dans son jugement, consulté par l'AFP.

Outre le journaliste de l'Agence France-Presse, le photographe indépendant Bulent Kiliç, le reporter de la chaîne Now Haber Ali Onur Tosun, ainsi que la journaliste indépendante Zeynep Kuray étaient également poursuivis. Les prévenus, absents jeudi matin au tribunal stambouliote de Caglayan, affirmaient depuis le départ n'avoir fait que leur métier en couvrant la contestation à laquelle ils étaient accusés d'avoir participé.

«Risque pour la liberté de la presse»

«Ce jugement est le bon, même s'il arrive tard», s'est félicité le photographe Yasin Akgül, se disant «très heureux» de laisser derrière lui «la pression psychologique du procès». Son avocat, Me Kemal Kumkumoglu, a toutefois jugé que ce type de poursuites «fait peser un grave risque sur la liberté de la presse».

«La relaxe des journalistes est un soulagement, mais elle révèle aussi que leur arrestation était arbitraire», a déclaré à l'AFP Erol Önderoglu, représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Cette affaire, selon lui, illustre la manière dont «le droit du public à l'information est bafoué» dans le pays.

Yasin Akgül, 35 ans, était le seul prévenu travaillant pour un média international. Des milliers de manifestants et plus d'une dizaine de journalistes, ainsi que des avocats, avaient été arrêtés lors de la vague de contestation de mars en soutien à M. Imamoglu, figure de l'opposition et principal rival du président Recep Tayyip Erdogan.

Ils ont été accusés d'avoir violé la loi sur les manifestations et rassemblements publics, une infraction passible de trois ans de prison. Face à la mobilisation, sans précédent depuis les grandes manifestations antigouvernementales de Gezi en 2013, le président Erdogan avait juré de ne pas céder à la «terreur de la rue».

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